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Personne:Nicolas de Leyde

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Date de naissance 1430
Date de décès 1473
Métier sculpteur


Biographie

Sculpteur

Nicolaus Gerhaert von Leiden, dit Nicolas de Leyde, est né vers 1430 / 1440, fils de Nicolaus Gerhaert, et décédé en 1473 à Wiener-Neustadt.

De son mariage avec N.N. sont nés deux enfants : Peter, qui demeure à Strasbourg jusqu’en 1489, et Apollonia, épouse de Jörg Schongauer, orfèvre.

Selon notre source principale (Monique Fuchs), seules onze années de sa vie (1462-1473) sont documentées par des pièces d’archives. Elles nous assurent qu’il a travaillé successivement à Trèves, Strasbourg, Baden-Baden, Constance, Vienne et Wiener-Neustadt. On ignore tout de sa jeunesse et de sa formation. Mais dès 1462 il était un artiste accompli, comme le prouve l’exécution du gisant de Trèves.

La réputation de son talent l’a précédé à Strasbourg, car dès son arrivée, vers 1462, il fut chargé de la décoration du portail de la nouvelle Chancellerie achevée à Pâques 1463 pour un montant de 234 florins.

Ce magnifique portail fut cependant gravement endommagé par un incendie en 1686 et il ne subsiste que deux fragments des bustes ornant ce portail, à savoir une tête de prophète, conservée au Musée de l’Œuvre Notre-Dame, et la tête d’une sibylle, conservée au Liebighaus de Francfort1.

On peut penser qu'il y a de grandes chances que le buste de l'homme accoudé, décrit plus longuement ci-dessous, ait également fait partie des sculptures commandées par la Ville pour orner la Chancellerie. Mais, selon l'historien de l'art Roland Recht, ce n'est pas certain.

En 1464 Nicolas de Leyde réalisa encore l’épitaphe dite « du chanoine de Busnang » à la chapelle Saint-Jean de la cathédrale de Strasbourg.

Entre 1465 et 1467, il exécuta un retable en bois, aujourd’hui disparu, à la cathédrale de Constance et les stalles du chœur.

En 1467, il sculpta le crucifix en pierre de l’ancien cimetière de Baden-Baden, aujourd’hui à la Stiftskirche, crucifix très proche de celui de Nördlingen qu’on lui attribue également.

Par la suite, enfin, l’empereur Frédéric III réussit à décider N. de L. de venir à Vienne tout en gardant encore, semble-t-il, sa maison rue Sainte-Élisabeth à Strasbourg.

Si la biographie de N. de Leiden est brève, l’influence de son œuvre est immense par la nouveauté de ses conceptions, en introduisant par exemple la « mode » du buste accoudé. Et parmi les œuvres qui sont attribuées à N. de Leiden, on mentionnera justement un magnifique buste d’homme accoudé en pierre (grès), conservé aujourd’hui au Musée de l’Œuvre Notre-Dame à Strasbourg, et considéré par certains historiens de l’art comme un autoportrait (ce qui nous encourage à le proposer comme étant son portrait, même s'il est évidemment impossible de l'affirmer sans risque de se tromper, contrairement à l’attribution à N.d. L. de l’oeuvre elle-même, qui ne semble plus faire de doute parmi les spécialistes)2.

D’après la notice de Wikipédia concernant la Chancellerie de Strasbourg, celle-ci fut endommagée par un incendie en 1686, le bâtiment restant cependant occupé par des services municipaux jusqu’à la fin du xviiie siècle. Mais, toujours selon cette même source, le 21 juillet 1789, le bâtiment fut saccagé par des émeutiers3.

D’après une autre source, familiale cette fois, Jean-Daniel Ensfelder4, futur adjoint au maire et maire par interim de Strasbourg, qui était en 1789 employé à la Chancellerie de Strasbourg5, et qui était un neveu du boulanger Georges Ensfelder acquéreur en 1700 du n° 9 rue du Chaudron, fit alors mettre à l’abri ou mit lui-même à l’abri l’admirable buste de l’homme accoudé aujourd’hui conservé au Musée de l’Oeuvre Notre Dame de Strasbourg.

Ci-dessous on trouvera un lien vers une passionnante émission donnant la parole à deux spécialistes concernant le buste de l’homme accoudé et le sculpteur Nicolas de Leyde6.

Selon les participants à cette émission, ce qui est nouveau dans ce buste, c'est le "regard intérieur" de l'homme, qui préfigure en quelque sorte celui de la Modernité. Roland Recht a même évoqué un lien avec le thème de la "Mélancolie", tel que Dürer l'illustrera quelques dizaines d'années plus tard.

Certes, l'homme porte dans sa main gauche un pommeau, qui pourrait avoir été l'extrémité de la poignée d'un compas, et il pourrait alors s'être agi de la figure d'un architecte. Mais ce n'est qu'une supposition, et elle ne supprime de toutes les façons pas la nouveauté apportée par ce buste.

Références

  1. Pour en savoir plus sur les sculptures et le sculpteur, voir la fiche du 9 rue de l'Observaoire et l'évènement consacré à Nicolas de Leyde sur la fiche du Musée de l'Oeuvre Notre-Dame
  2. Biographie de Monique Fuchs en ligne, qu’on peut lire aussi dans le Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne n° 13, page 1159 : https://www.alsace-histoire.org/netdba/gerhaert-von-leiden-nicolaus/ [archive], consulté le 06/08/2023
  3. Notice de Wikipédia sur la Chancellerie de Strasbourg : https://fr.wikipedia.org/wiki/Chancellerie_de_Strasbourg [archive], consulté le 06/08/2023
  4. Arbre Généalogique Ensfelder sur le site Geneanet: https://gw.geneanet.org/whelmlinger_w?lang=fr&pz=vincent+pierre+wilfred&nz=helmlinger&p=johann+daniel&n=ensfelder&oc=1 [archive], consulté le 17/08/2023
  5. Notice en ligne du Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne : https://www.alsace-histoire.org/netdba/ensfelder-jean-daniel/ [archive], consulté le 06/08/2023
  6. Emission de France Culture en date du 27 septembre 2015 avec Roland Recht, qui était encore à l’époque professeur au Collège de France, et le plasticien Florian Pugnaire : https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-regardeurs/nicolas-de-leyde-sculpteur-vers-1430-1473-musee-de-l-oeuvre-notre-dame-strasbourg-4314925 [archive], consulté le 07/08/2023