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Pont du Corbeau (Strasbourg)

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pont du Corbeau

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Date de construction 1542
Structure pont

Date de démolition environ 1841

Date de construction 1841
Structure pont

Date de démontage environ 1890

Date de construction 1890 à 1892
Architecte Skjold Neckelmann
Structure pont

Date de transformation 1942
Consultez les 2 actualités de l'adresse


Historique du nom1

Voici l'historique des différents noms que le pont a portés, d'après le Dictionnaire Historique des rues de Strasbourg1 :

- 1308 Schindbrücke : Pont aux supplices ou Pont des Hautes Œuvres

- 1770 Pont de la Grande-Boucherie

- 1773 Pont des Bouchers

- 1794 Pont Rousseau

- 1816 Pont du Corbeau

- 1872 Rabenbrücke

- 1918 Pont du Corbeau

- 1940 Rabenbrücke

- 1945 Pont du Corbeau

Origine du nom (Corbeau)2

Le nom de ‘Corbeau’ ne signifie pas le volatile, pas non plus, la pièce de construction connue en architecture sous le nom de ‘corbeau’.

Un corbeau (un Corb) au moyen âge était une personne chargée de sortir les cadavres, de porter les morts et de les évacuer. Ce n’était pas un fossoyeur.

Le ‘Corb’ ou ‘Le Corbeau’ était revêtu d’un Casaquin (vêtement de travail à mi-chemin entre un tablier et un pardessus épais ) souvent lugubre et rarement lavé. Il était muni d’un crochet long.

Il lui fallait sortir, trainer, et tirer les cadavres le crochet lui permettait de ne pas les approcher de trop près, il croche dans le mort avec son ‘croc’ d’où le surnom de ‘corbeau’. Même origine sans doute pour LA PLACE DU CORBEAU, l'hôtel et la cour du Corbeau.

Cette tâche répugnante et bestiale devait se faire rapidement, elle se faisait avec une indécente brutalité qui consistait à mettre le corps sur une sorte de civière et l’évacuer.

Les sentences sur ce pont étaient pratiquées le vendredi pour les femmes, le samedi pour les hommes.

Ce nom s'appliquait aux porteurs de morts.

On retrouve cette appellation depuis les Romains qui inventèrent une machine de guerre appelée "le Corbeau" lors de la bataille navale avec les Carthaginois. Cet espèce de ‘grappin d’abordage’ était le seul moyen d’accrocher les vaisseaux ennemis pour passer dedans malgré eux et en venir aux mains3.


Genèse du pont

Le pont du Corbeau se trouve entre la rue du Vieux-Marché-aux-Poissons et la place du Corbeau. Permettant de traverser l'Ill, il était classé Route Nationale n° 4 et liait Paris à Vienne. Avant sa reconstruction en métal au XIXe siècle, il était en bois4.

Le pont, étroitement lié à la vie judiciaire de la Ville est à l’origine appelé Schindbrücke ou "Pont des Supplices" ("der Schinder" : le bourreau / l'écorcheur). En effet, une loi de 1411 oblige les condamnés à mort à être jetés à l’eau depuis ce pont, empaquetés dans un sac en lin cousu. La pratique est maintenue et perdure avec quelques variations jusqu'en 1617. À partir de 1466, le pont est aussi un lieu d'humiliations où l'on châtie les malfaiteurs : les voleurs et les pilleurs de jardins sont enfermés dans une cage sise sur ce pont et exposés aux moqueries des passants avant d’être jetés dans l’Ill d’où ils doivent regagner la rive à la nage. En 1502, un crucifix en pierre est scellé sur les poutres du pont pour le repentir des condamnés. Au XVe siècle, le pont est doté d’échoppes5.

Il est reconstruit en 1542 et la chaussée est élargie à cette occasion. Le pont prend son nom actuel à partir de 1816.


Le texte gravé dans le grès du côté de la place du Corbeau rappelle la tradition médiévale citée plus haut :
« AV MOYEN AGE LES CONDAMNES A MORT
PAR NOYADE/NOTAMMENT LES PATRICIDES
ET LES INFANTICIDES/ENFERMES DANS VNE
CAGE/Y ETAIENT PLONGES DANS L'EAV. »


Deux vues du pont en bois, avant sa réfection en fonte.

Reconstruction en fonte

Date 1841

En 1841, le pont est reconstruit en fonte et d'une seule portée. Le procédé suivi est le système de l'ingénieur Camille Polonceau (1813-1859)6. A cette occasion la chaussée est à nouveau élargie. Le pont est contemporain de l'ancien hôtel du Rhin tout proche7, une vue intéressante du pont se trouve dans ce même ouvrage p.263 également.

Le pont ressemble fortement au pont Saint Thomas, construit la même année (1841), il s'agissait vraisemblablement des même maître d'oeuvre (Antoine-Rémy Polonceau, ingénieur et Felix Fries, architecte)

Reconstruction en pierre

Date 1890 à 1892
Architecte Skjold Neckelmann

Entre 1890 et 1892 le pont est élargi par l’architecte Skjold Neckelmann8, très actif dans la Neustadt. Il dispose d'une voûte unique et est agrémenté de pittoresques tourelles, supprimées en 1942 par les Allemands.

Le pont en fonte est récupéré et réutilisé pour la reconstruction du pont Saint-Nicolas entre 1892 et 1895.


Vues prises depuis cette adresse

Références

  1. a et b Dictionnaire_Historique_des_Rues_de_Strasbourg_(Livre)
  2. Robert Merle dans les Fortunes de France Jean Giono dans le Hussard sur le toit Alexandre Dumas, voir Le comte de Moret (le sphinx rouge) 1865,IV, 16, au sujet des grandes épidémies
  3. Rollin l’histoire ancienne Tome 1 dans Pougens
  4. Strasbourg_Panorama_Monumental_(édition_G4J)_(Livre) - page 217
  5. Texte rédigé à partir d'une notice fournie par la Ville de Strasbourg dans le cadre du projet Totem, 2020
  6. Article de Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Camille_Polonceau [archive]
  7. Strasbourg panorama monumental (p.263)
  8. Information fournie par la Ville de Strasbourg dans le cadre du projet Totem, 2020

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Blue Jug

3 months ago
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PONT DU CORBEAU, ORIGINE: Le nom de ‘Corbeau’ ne signifie pas le volatile, pas non plus, la pièce de construction connue en architecture sous le nom de ‘corbeau’.

Un corbeau (un Corb) au moyen âge était une personne chargée de sortir les cadavres, de porter les morts et de les évacuer. Ce n’était pas un fossoyeur.

Le ‘Corb’ ou ‘Le Corbeau’ était revêtu d’un Casaquin (vêtement de travail à mi-chemin entre un tablier et un pardessus épais ) souvent lugubre et rarement lavé. Il était muni d’un crochet long.

Il lui fallait sortir, trainer, et tirer les cadavres le crochet lui permettait de ne pas les approcher de trop près, il croche dans le mort avec son ‘croc’ d’où le surnom de ‘corbeau’. Même origine sans doute pour LA PLACE DU CORBEAU, l'hôtel et la cour du Corbeau.


Cette tâche répugnante et bestiale devait se faire rapidement, elle se faisait avec une indécente brutalité qui consistait à mettre le corps sur une sorte de civière et l’évacuer.

Les sentences sur ce pont étaient pratiquées le vendredi pour les femmes, le samedi pour les hommes.

Ce nom s'appliquait aux porteurs de morts.

On retrouve cette appellation depuis les Romains qui inventèrent une machine de guerre appelée "le Corbeau" lors de la bataille navale avec les Carthaginois. Cet espèce de ‘grappin d’abordage’ était le seul moyen d’accrocher les vaisseaux ennemis pour passer dedans malgré eux et en venir aux mains.

Références à ce terme: Robert Merle dans les «’Fortunes de France’ Jean Giono dans ‘le Hussard sur le toit’ Alexandre Dumas, voir Le comte de Moret (le sphinx rouge) 1865,IV, 16, au sujet des grandes épidémies.

Rollin l’histoire ancienne Tome 1 dans Pougens (pour l’origine Romaine)