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Eglise protestante de Neudorf (Strasbourg)

From Archi-Wiki

144 Route du Polygone (Strasbourg)

Image principale
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Date de construction 1884 à 1885
Structure Lieu de culte (église, temple, synagogue, mosquée)
Courant architectural néo-roman

Date de démolition 6/9/1943

Date de construction 7/6/1959 à 1962
Architecte Robert Will
Peintre Robert Fausser
Verrier d'art V. Bischoff
Courant architectural contemporain

Date de rénovation 17/7/2012 au 10/2012
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Construction1

Date 1884 à 1885

A la suite de la création officielle de la paroisse protestante de Neudorf en 1878, le local où se tenaient les cultes dans le restaurant « Zum Goldenenlöwe » étant devenu trop petit pour accueillir les fidèles, la construction d’une église ne se fit pas attendre.

Les travaux commencèrent au cours de l’année 1884 et un an plus tard, en 1885, l’édifice était livré à sa destination de lieu de culte. Jules Rathgeber, nommé pasteur de la jeune paroisse dès 1879, assura le premier ministère de pasteur de la paroisse jusqu’à sa mort en 18932.

La rue Jules Rathgeber perpétue d’ailleurs sa mémoire.

D'après "Les faubourgs de Strasbourg - De la belle époque aux années folles" de Théodore Rieger, Gilbert Bronner, Léon Daul, Louis Ludes, p 82, l'édifice néo-roman ancien était d'une parfaite banalité: clocher semi engagé, longue nef à contreforts, chevet polygonal en retrait.

Benoît Jordan, de son côté, évoque une église « de style roman, sobre et sans décor particulier ». Il ajoute judicieusement : « on ne serait pas étonné de trouver un tel édifice dans un village de la plaine, avec sa nef sans bas-côté et sa tour-porche coiffée d’une flèche couverte d’ardoises »3,

Démolition

Date 6/9/1943

La première église est complètement détruite lors du bombardement aérien du 6 septembre 1943, à l’exception de la tour du clocher, épargnant de ce fait les deux cloches de l’église qui dataient de 1923, et qui ont été réutilisées par la suite lors de la reconstruction de l’église.

Reconstruction4

Date 1959 à 1962
Architecte Robert Will

Brève description

Église au campanile isolé relié à une vaste nef. Elle constitue un bâtiment remarquable par sa disposition et sa mise en œuvre.

Les piliers en béton et les murs en claustra créent une verticalité lumineuse ; la tour, en bordure de la route du Polygone précède une cour intérieure, à la manière d’un patio antique.

Le mobilier y reste sobre 3, le principal ornement de l’église étant constitué par les vitraux, auxquels sera consacrée une rubrique à part, de même que pour les cloches et que pour l’orgue.

L’église était conçue au départ pour avoir une capacité d’accueil d’environ 600 fidèles.

Principales étapes de la construction

30 avril 1958 : L’autorisation de construire a été accordée.

19 mai 1959 : Des travaux de terrassement sont en cours.

5 septembre 1959. : La confection des piliers est en cours.

10 mars 1960. : Exécution du pied droit au-dessus de la corniche principale en cours.

19 avril 1960 : Maçonnerie en grès rouge des murs extérieurs en cours.

12 mai 1960. : Démolition de l’ancien clocher en cours.

16 juin 1960 : Coffrage pour l’exécution de la toiture (voûte) en cours.

16 août 1960. : Voûte exécutée. Travaux de gros œuvre se poursuivent.

9 novembre 1960 : Maçonnerie du clocher en cours.

21 août 1961 : Travaux de gros œuvre achevés. Travaux de finition en cours.

24 octobre 1961 : Travaux en voie d’achèvement et aménagements en voie d’achèvement au 29 novembre 1961.

Evénements liés à la construction

La pose de la première pierre de l’église a lieu le 7 juin 1959 en présence du pasteur Oscar Muller, bien qu’il ait quitté la paroisse pour Balbronn, deux mois plutôt.

C’est le pasteur Gunther Ochsenbein qui se chargea de mener ensuite à bonne fin la reconstruction de l’église qui fut inaugurée le 25 février 19623

Vues extérieures et intérieures de l’église moderne au cours du temps

Date 1960 à 2019

Vitraux

Date 1961
Peintre Robert Fausser
Verrier d'art V. Bischoff

Les vitraux sont au nombre de onze. Deux d’entre eux sont des œuvres abstraites, les neuf autres illustrent des scènes ou des thèmes du Nouveau Testament.

Leur conception est due à l’artiste peintre Robert Fausser et leur réalisation au maître-verrier V. Bischoff, qui a également réalisé en 1957-1959 les vitraux modernes de l’église Saint-Pierre-le-Vieux Protestant, à Strasbourg5.

On précisera que seuls deux des onze vitraux ont été signés par les deux artistes, mais il ne fait pas de doute que l’ensemble est homogène et qu’il est leur œuvre commune. La date indiquée est à chaque fois 1961. Le maître-verrier V. Bischoff était situé à Illkirch-Graffenstaden. On trouve d’autre part sur certains vitraux le nom de généreux donateurs, ce qui explique peut-être que les artistes n’aient pas souhaité signer à chaque fois, afin de ne pas distraire le regard de la contemplation requise de leurs œuvres.

Ces vitraux constituent assurément l’ornement principal de l’église, dont ils illuminent l’intérieur sous la forme d’une lumière douce et colorée et d’un riche programme iconographique. Celui-ci est d’ailleurs subtilement diffusé au-dessous d’un apport de lumière blanche provenant de la partie ajourée astucieusement répartie d’une façon uniforme sous le toit par l’architecte.

Concernant la distribution dissymétrique des vitraux, qui se situent exclusivement sur la partie latérale orientée au sud et sur le chœur orienté à l’ouest, la façade latérale nord étant dépourvue de vitraux, elle s’explique peut-être en partie par la recherche de la plus grande luminosité possible.

Concernant le nombre total de vitraux (onze), il peut surprendre, puisqu’il est de très peu inférieur au chiffre (douze) symbolisant la totalité et l’universalité (il suffit de penser aux douze tribus d’Israël, aux douze apôtres, aux douze mois de l’année, etc…). Le choix pourrait être volontaire, et signifier une forme d’humilité du croyant « moderne » devant ces symboles bibliques anciens, comme témoigne aussi peut-être le choix de se limiter à des scènes du second Testament, mais ce ne sont là que des suppositions.

Il reste qu’on est sans conteste devant l’œuvre majeure d’un artiste strasbourgeois, aujourd’hui malheureusement un peu oublié. Son dessin est en effet d’une modernité sans détour, jamais hermétique. La figuration reste très accessible et la profondeur est de rigueur, renonçant à tout espèce d’artifice ou de surcharge.

C’est une banalité de dire que le but de l’artiste est de toute évidence spirituel et qu’il participe pleinement à la vocation spirituelle de l’édifice, mais ici, cela paraît particulièrement évident. Ses deux vitraux abstraits témoignent par ailleurs d’une volonté de modernité assumée, bien compensée cependant par les couleurs chatoyantes et d’une grande profondeur.

Ces vitraux sont donc à notre avis la marque d’un grand artiste. On ne proposera comme images que quelques détails choisis d'une manière subjective, faute de pouvoir représenter l'ensemble des vitraux, ce qui nécessiterait par ailleurs de décrire avec plus de précision et de méthode le programme iconographique qui est mis en œuvre ici.

Mais on peut déjà se fier en attendant aux textes du Nouveau Testament qui sont cités à la base des œuvres (Matthieu 5 et 19, Marc 15, Luc, 1, 2, 7 et 10 ; Jean 4, Actes 6). Parmi les scènes identifiées, il semble qu’on puisse identifier : - la pécheresse pardonnée, - Jésus présenté au Seigneur dans le Temple, - la lapidation d’Etienne, - la rencontre de Jésus avec la femme Samaritaine, - le Christ comparaissant devant Pilate, - Le Christ bénissant les petits enfants, etc... (mais la liste n'est pas exhaustive).

Orgue

Date 1966

Description

L’orgue porte la signature d’Alfred Kern6, mais l’instrument néo-classique aurait été construit sur les conseils d’Albert Schweitzer7.

Ce simple détail en fait déjà un « instrument exceptionnel », expression qui est utilisée sur le site spécialisé « A la découverte des orgues d’Alsace ». Il faut reconnaître cependant que l’argumentation sur ce site s’adresse surtout à des connaisseurs8.

En se rendant à la tribune, on découvre un médaillon montrant un profil du Dr. Albert Schweitzer, ainsi q’une plaque portant l'inscription  :« en profonde reconnaissance pour le soutien qu’il apporta à la réalisation de ces orgues. Le 20.2.1966. La Paroisse ».

Historique

Il se trouve que le Docteur Albert Schweitzer, qui était un grand ami de la paroisse, avait déjà proposé en 1930, à la demande du Conseil presbytéral, un plan d’agrandissement de l’instrument de l’époque, y ajoutant sept nouveaux jeux. Il inaugura d’ailleurs lui-même l’instrument le 15 avril 1932.

Lors du bombardement de 1943, l’orgue fut partiellement détruit, mais la tuyauterie fut en partie récupérable et composa l’orgue provisoire à traction pneumatique du Foyer, inauguré le 28 février 1948.

Quant à l’orgue de la nouvelle église, qui a donc été conçu sur le plan musical d’après les conseils d’Albert Schweitzer, il a été consacré le 20 février 1966. La consécration a été faite par l’inspecteur ecclésiastique Basset, avec la lecture du psaume 150. Mr. Weber, conseiller pour orgue du Directoire de l’Eglise, présenta l’instrument, tandis que le pasteur Ochsenbein fit son historique. Mlle Jaeger, organiste de la paroisse, accompagna les chants2.

On précisera que le psaume 150 est le dernier du livre biblique des Psaumes et qu’on y trouve l'énumération des instruments utilisés à l’époque lors des cérémonies religieuses pour exprimer la louange et accompagner la danse et le chant (cor, cithare, harpe, tambourin, instruments à cordes, flûtes, cymbales).

Grâce à des liens vers le site You Tube, il est possible d’écouter à deux reprises le son de cet orgue, en écoutant l’interprétation d’un choral de Friedrich Wilhelm Marpurg (1718-1795) 9, ainsi que d’un choral de Johann Heinrich Buttstedt (1666-1727)10.

Les cloches

Date 1962

Les deux cloches de l’ancienne église sauvées de la destruction dataient de 1923 et ont pu être réutilisées lors de la reconstruction moderne. La troisième cloche pour la nouvelle église fut inaugurée en même temps que la nouvelle église le 25 février 1962.

D’un poids de 1350 kg, elle sonne le mi bémol et porte l’inscription suivante : « Paroisse Protestante de Strasbourg-Neudorf 1961 » . Sous le signe de la croix est gravé : « Paix sur la Terre ! ». A la base de la cloche figure le nom du maître fondeur : F. Causard, Colmar (Alsace) 2.

Depuis lors, les cloches auraient été remplacées en 2007 (date inscrite sur les cloches). A cette occasion le haut du clocher autrefois ouvert et scandé uniquement d'une structure avec piliers verticaux, a été fermé par des planches assez disgracieuses. Nous en ignorons la raison puisque le clocher n'est pas accessible au public. (source pour la date d'installation des planches : M. Hutchen, pasteur de la paroisse protestante de Neudorf)

Rénovation

Date 17/7/2012 au 10/2012

Des travaux sont en cours sur le clocher. Peut être s'agit-il d'un ravalement ?

Références

  1. Strasbourg de la Belle Epoque aux Années Folles (Livre)
  2. a, b et c Strasbourg Neudorf / Devant la Porte des Bouchers, Editions Coprur, 2000, pages 105-106 et 113-114-115
  3. a, b et c Benoît Jordan, in « Neudorf, Nouveau village, nouvelle ville », Archives de la Ville et de la Communauté urbaine de Strasbourg, page 121. n.b. : la date indiquée d’inauguration de l’église en « 1967 » est évidemment une « coquille »
  4. Archives de la ville et de l'Eurométropole (Bibliothèque) - Cote 865W58
  5. Site Le Petit Patrimoine : https://www.petit-patrimoine.com/fiche-petit-patrimoine.php?id_pp=67482_170 [archive], consulté le 15/06/2019
  6. Dictionnaire historique des rues de Strasbourg, éd. 2002, page 290
  7. Protestants d’Alsace et de Moselle, Editions Oberlin, Saep, sous la dir. d’Antoine Pfeiffer, 2006, page 153
  8. Site A la découverte de l’Orgue / Orgues d’Alsace : http://decouverte.orgue.free.fr/orgues/stneudpr.htm [archive], consulté le 08/07/2019
  9. Choral de Friedrich Wilhelm Marpurg (1718-1795) : « Der Hirt ist mein getreuer Hirt » (Le Seigneur est mon fidèle berger): https://www.youtube.com/watch?v=-UoI5MJ9lRg [archive], consulté le 08/10/2019
  10. Choral : « Allein Gott in der Höhe sei Ehr » (Gloire à Dieu au plus haut des Cieux) : https://www.youtube.com/watch?v=oUnaLItoK44 [archive], consulté le 08./10/2019

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Fabien Romary

25 months ago
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Vu la position des convalescents sur la photo que vous proposez [archive], pour moi pas de doute possible ils sont bien devant l'ancien orphelinat et donc derrière l'ancienne église.

É. C.

25 months ago
Score 0
Est ce que les convalescent faisant de l'exercice sur cette photo [archive] ne font pas ça juste derrière l'ancienne église ? (l'actuel foyer de l'allée de l'orphelinat était un hôpital pendant le Première Guerre mondiale).