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Eglise Saint Pierre le jeune (protestant) (Strasbourg)

From Archi-Wiki

5 Place Saint Pierre le Jeune

Image principale
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Date de construction vers le VIIIe siècle
Structure Lieu de culte (église, temple, synagogue, mosquée)

Date de construction 1031 à 1320
Courant architectural Roman

Date de construction 1491
Architecte Hans Hammer
Courant architectural Gothique

Date de transformation environ 1780
Architecte Pierre Michel d'Ixnard

Date de transformation 1897 à 1901
Architecte Carl Schäfer

Date de construction environ 1900
Verrier d'art Frères Ott

Date de rénovation 1960

Date de restauration 2009

Date de restauration 2014 à 2017
Architecte Pierre-Yves Caillault

Classement Monument Historique 1862
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Crypte

Date vers le VIIIème siècle

A l'époque mérovingienne on trouvait à cet emplacement une chapelle. Il subsiste encore aujourd'hui une crypte de 8,4m sur 4m qui se trouvait sous la chapelle.

Selon une source orale, des ossements se trouvent dans un caveau et datent environ du VIII-Xe siècle. La tombe en maçonnerie est du VIIIe siècle1.

Le site de l'église date quant à lui le caveau funéraire, du IVe au Xe siècle2.

Construction de l'église

Date 1031 à 1320

Selon le site de l'église Saint-Pierre, "trois églises ont été construites successivement au même endroit. Au début du Moyen-Âge, une petite église, dédiée à Saint Colomban - ou Sainte Colombe ? -, dont il subsiste sous le bas-côté extérieur sud un caveau. En 1031 fut commencée la construction d’une église romane, pour un chapitre de chanoines. Il reste de cette église romane le cloître et les étages inférieurs du clocher. Le cloître du XIe siècle a ensuite été modifié à de nombreuses reprises au cours du XIXe siècle3.

Lors de sa consécration en 1053, probablement par le Pape Léon IX, l’église prit le nom de Saint-Pierre-le-Jeune pour la distinguer d’une autre église dédiée à Saint Pierre, qui prit le nom de Saint-Pierre-le-Vieux"2.

L'église actuelle fut consacrée en 1320, mais sa partie la plus ancienne date du XIIe siècle, il s'agit de la base de la tour située à l’ouest du monument. La partie supérieure de la tour date des premières années du XIIIe siècle. La nef et le chœur de l’édifice datent dans leur état actuel de la fin du XIIIe ou du début du XIVe et furent consacrés en 1320.

Le plan de l’édifice inhabituel, à cause de la configuration du terrain et de l’orientation : l'entrée est placée sur le bas-côté sud, ce qui fait que l'église possède un bas-côté double côté sud. Les percements de la nef sont particuliers car les fenêtres sont petites et très hautes3.

Illustrations, plan et photographies


Chapelle des Zorn

Date environ 1320

Contemporaine de l'achèvement de la nef en 1320, la chapelle des Zorn communique avec le bras nord du transept. Les consoles sculptées représentent notamment Adam et Eve, des feuilles de vigne et des grappes de raisin, symboles du Christ et de son sang versé, et les trois évangélistes Matthieu, Luc et Jean4.

En juin 2011, l'inauguration de l'œuvre "A ciel ouvert" de Sylvie Lander5, installée dans l'enfeu de la chapelle6 permet de redécouvrir cet espace.

Chapelle de la Trinité

Date 1491
Architecte Hans Hammer

La nef est entourée de tous côtés par des chapelles ajoutées postérieurement, au XIVe siècle et au XVe siècle3.

Parmi ces dernières, la chapelle de la Trinité a été achevée en 1491 par Hans Hammer, dans un très beau style gothique flamboyant.

Hans Hammer est également l'auteur de la chaire de la cathédrale dans le style flamboyant2.


Choeur dévolu au culte catholique

Date 1682 à 1893

Le choeur est réservé aux catholiques à partir de 1682 et jusqu'à la mise en service en 1893 de l'église Saint Pierre le Jeune catholique .

Un retable décore le fond du choeur, dont la partie centrale est datée de 1518, les panneaux latéraux de la fin du XIXe siècle. Remarquer les 8 nervures de la voûte. Le choeur a été recouvert de boiseries vers 1750.

Un chemin de lumière en plomb parcourt l'allée centrale1.


Construction du clocheton

Date environ 1780
Architecte Pierre Michel d'Ixnard

Le clocheton a été réalisé par Pierre Michel Ixnard, il a ensuite été démoli lors des travaux de rénovation de Carl Schäfer au XIXe siècle7.

Classement 8

Date 1862

Classement parmi les Monuments Historiques Liste de 1862 J.O. du 16/02/1930

Sur le site officiel de l'église2, l'historique indique que l'église est classée dès 1848 or le Dictionnaire des Monuments Historiques indique 1862, date du classement des premiers monuments historiques (la Cathédrale par exemple). Le site de la DRAC indique aussi 1862.

Rénovation

Date 1897 à 1901
Architecte Carl Schäfer

L'entrée principale de style néo-gothique a été modifiée à cette période, de façon latérale à l'église, comme le portail nord de la cathédrale ainsi que des fresques ont été restaurées2. On a aussi rajouté des flèches en cuivre sur le toit9,10

C'est aussi à cette période que la séparation de la nef entre catholiques et protestants disparait. En effet une autre église Saint Pierre le Jeune a été tout spécialement construite pour les Catholiques dans le quartier Tribunal rue Saint Léon.


Vitraux du choeur

Date environ 1900

Sur le vitrail central, représentations de la vie du Christ, commencer en bas à gauche, puis en bas à droite. Sur les vitraux à droite et à gauche, représentation des 12 apôtres1.

Vitraux des bas-côtés de la nef (cycles du jardin d’Eden et des suites de la chute)

Date environ 1900

Introduction:

Les vitraux des bas-côtés de la nef de l’église Saint-Pierre-le-Jeune proposent un programme iconographique impressionnant qui va d'Adam et Eve à Jean-Baptiste, à savoir six cycles : le cycle du jardin d’Eden, le cycle des suites de la chute, le cycle d’Abraham, le cycle de Moïse, le cycle de David et le cycle de Jean-Baptiste.

Cette synthèse théologique et artistique date sans doute de l’époque de la grande restauration de l’église, confiée à Carl Schäfer. Parmi toutes les restaurations projetées et effectuées, le chantier de restauration des vitraux de l’église endommagés par le temps et les péripéties de l’Histoire, n’était sans doute pas le moindre des défis. Et pourtant, on ne trouve quasiment rien, si l’on cherche à se documenter à ce sujet.

Précisons d’emblée qu’on se contentera de proposer et de commenter ici les images des seuls deux premiers cycles. Le lecteur curieux de découvrir les quatre cycles suivants pourra en effet profiter de l’énorme travail réalisé par Ernest Muller sur cette église en cliquant sur le lien vers son site, qui est proposé à la fin de cette notice.

Quant aux deux premiers cycles, on suivra, comme il se doit, l’ordre chronologique, en commençant par le cycle du jardin d’Eden.

Premier cycle : cycle du jardin d’Eden :

Il est composé de trois vitraux du bas-côté nord, qui comportent chacun un seul médaillon figuratif :

- La création d’Adam :

La première de ces images représente, comme il est logique, Dieu créant Adam. On remarquera que l’auteur du médaillon représente Dieu, ce qu’interdit le judaïsme (interdit datant sans doute du retour d’exil à Babylone), puis à son tour l’islam. Dieu semble bénir Adam d’une main, et de l’autre, lui indiquer une direction. Adam est agenouillé et présente ses mains ouvertes, comme s’il exprimait une prière ou une attente. Peut-être la création d’Eve ?

- La création d’Eve :

Le deuxième petit vitrail de ce cycle représente en effet, sans hésiter, la création d’Eve. Adam est plongé dans un sommeil profond (il est représenté assis, car on dormait assis au Moyen Âge, nous a expliqué la conférencière Evelyne Frank, lors d’une visite guidée méditative de l’église !) (soit dit en passant, si cette remarque est pertinente, elle semblerait confirmer que l’auteur de la scène a en tête une représentation du Moyen-Âge) . Eve est créée à partir de la côte d’Adam, ou de son côté, selon l’interprétation choisie, et donc de son Moi le plus intime, peut-être même de son rêve le plus profond !

- La chute :

L’image est presque archétypique : l’arbre de la connaissance du bien et du mal, autour duquel s’enroule le serpent, sépare Adam et Eve, encore seuls « locataires » de la planète. Eve a déjà cueilli le fruit défendu avec sa main droite, et de sa main gauche elle semble acquiescer au serpent. Mais celui-ci est tout occupé à charmer Adam, qui, lui, donne l’impression de repousser ses avances de sa main gauche.

Deuxième cycle : cycle des suites de la chute :

On trouvera ce cycle dans les bas-côtés sud de la nef, qui font face, comme il est naturel, aux bas-côtés nord. On remarquera cependant une différence : les vitraux du bas-côté sud sont plus nombreux et comportent davantage de médaillons figuratifs que ceux du côté nord.

Par ailleurs, ils vont chronologiquement d’ouest en est, ce détail témoignant sans doute symboliquement d’un chemin qui va de l’obscurité à la lumière.

Le premier de ces vitraux, appelés par Ernest Muller, cycle des suites de la chute, comporte trois médaillons figuratifs, qu’on lira donc en allant de la droite vers la gauche (d’ouest en est). Le thème est ici clairement celui du mal, de son origine, de ses effets, et des ressources salutaires proposées par le Dieu biblique.

- Adam et Eve chassés du Paradis :

Un ange de Dieu muni d’une épée chasse Adam et Eve du jardin d’Eden. Ces derniers, les yeux clos (signe de leur aveuglement), cachent leur nudité avec des feuilles de vignes (le texte parlerait pourtant de feuilles de figuier ? ), et leurs visages avec leurs mains. Il sont conscients d’avoir enfreint la règle édictée par Dieu, de ne pas manger du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, cette connaissance étant le privilège des êtres divins plus puissants que l’homme.

- Caïn et Abel, ou le premier meurtre.

Dieu avait remarqué que Caïn s’était irrité parce qu’il avait tourné son regard vers l’offrande de son frère Abel plutôt que vers la sienne. Il s’adressa donc à Caïn en particulier, en l’avertissant du danger d’être dominé par son ressentiment. Mais Caïn n’en a cure, et on le voit attaquer Abel dans son dos, alors qu’il est à genoux devant l’autel et son offrande. On remarquera que sur son offrande les flammes s’élèvent vers le ciel, alors que sur l’autel élevé par Caïn, les flammes stagnent sans s’élever.

- Noé survivant du déluge procède au premier holocauste.

Noé, parce qu’il est juste, a été préservé du déluge, envoyé par Dieu sur la terre pour châtier l’Homme de son penchant vers le mal. Et comme dans les textes mésopotamiens, dont s’est inspiré le récit du déluge, Noé offre un sacrifice. Il s’agit du premier holocauste, immolation totale d’un animal sur un autel. On remarquera également l’Arche qui a permis à Noé et aux siens de survivre, ainsi que l’Arc-en-ciel, signe de l’alliance initiée par Dieu avec la terre, et toute chair qui est sur la terre.

Lien externe : Site d’Ernest Muller [archive], consulté le 29/07/2017.

Vitraux

Date environ 1900
Verrier d'art Frères Ott

Les vitraux d'origine ont éclaté lors des bombardements de 1870. Les vitraux actuels ont été réalisés par la maison Ott.

Peintures murales

Date environ 1900

Après 1525, quand l'église passe à la Réforme, toutes les peintures intérieures sont recouvertes d'une épaisse couche de badigeon, renouvelé en 1707, 1753 et 182211.

Au Moyen-Age, l'extérieur de l'église est complètement peint en couleurs claires (voir le plan-relief de 1725 plus haut). Cette peinture s'est éliminée avec le temps.

Lors de la restauration de la fin du 19e siècle, les couches de badigeon sont éliminées et on essaie de reconstituer le décor du moyen-âge sur les murs : grandes briques rouges séparées par un liseré blanc coupé par une rainure noire.

Certaines fresques sont repeintes avec le même sujet, d'autres sont éliminées et on crée de nouveaux sujets comme le Saint Christoffe.

La grande fresque de la Navicella, réalisée vers 1320, sur le mur ouest, s'inspire d'une fresque de Giotto qui se trouvait à Saint Pierre de Rome12. La Navicella actuelle est néo-gothique, réalisée sous Carl Schäfer13.

La chapelle de la Trinité a été entièrement redécorée à la fin du 19e s14.


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Références

  1. a, b et c Isabelle Kapp, historienne de l'art, lors d'une visite guidée de l'église le 1er décembre 2011
  2. a, b, c, d et e historique de l'église sur le site officiel [archive] consulté le 04/04/2014
  3. a, b et c Strasbourg_Panorama_Monumental_(édition_G4J)_(Livre) - page 139
  4. La Chapelle des Zorn, sur le site officiel de l'église [archive], consulté le 01/02/2021
  5. Pour en savoir plus sur Sylvie Lander [archive]
  6. DNA du 19/6/2011
  7. Visite guidée 'archi classique' du 15 mai 2011 par M. Franck Burckel des archives de Strasbourg
  8. Dictionnaire des Monuments Historiques d'Alsace (Livre)
  9. Wikipedia (site internet) - Wikipédia [archive]
  10. Strasbourg_1900_-_Naissance_d'une_capitale_(Livre), page 209
  11. Seyboth_-_Strasbourg_historique_et_pittoresque_(Livre) - p 44
  12. http://www.encyclopedie.bseditions.fr/article.php?pArticleId=166&pChapitreId=30787&pSousChapitreId=30804&pArticleLib=La+navicella+ [archive] consulté le 26/11/2019
  13. Vidéo La Navicella [archive] par Anne Vuillemard-Jenn, historienne de l’art
  14. Visite guidée de Mme Anne Vuillemard-Jenn

Lien externe

Bibliographie

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Wilfred HELMLINGER

44 months ago
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J’ai remarqué qu’ on ne trouve quasiment aucun renseignement au sujet des vitraux de cette église dans aucune source, ce qui est déjà un signe ou un message, plutôt négatif, à savoir qu’ils ne présenteraient pas un intérêt majeur (a contrario, les sources sont très bavardes au sujet des vitraux de l’église Saint-Guillaume, par exemple, qui sont en effet très beaux et très anciens). Seul le site officiel de l’église Saint-Pierre-le-Jeune évoque l’existence de vitraux dans l’église, mais il est simplement affirmé que les vitraux de l’église datent d’environ 1900. Il est donc probable qu’ils datent de la restauration tous azimuts de l’église confiée à l’architecte Carl Schäfer à partir de 1897. J’avance cette hypothèse dans la fiche sans autre argument. Je dois reconnaître cependant que je trouve très réussis les six cycles des bas-côtés de la nef. D’ailleurs, s’il s’agit d’une sorte de mise au goût du jour de vitraux anciens, comme je le pense, il y a quand même probablement un ou deux ateliers bien précis qui se sont occupés de leur réalisation. Et il est quand même dommage qu’on ne sache absolument rien à leur sujet, car ces vitraux ne sont pas dénués de charme. Il est vrai qu’on a spontanément toujours tendance à préférer une œuvre qui est dans le jus de son époque : par exemple : du vrai gothique, du vrai roman, du vrai baroque, du vrai Art Nouveau, plutôt que du néo ou du pastiche. Bon, pour revenir à l’église Saint-Pierre-le Jeune, on m’a dit qu’un passionné s’était lancé pour rédiger à son sujet une grande monographie. J’essaierai donc de contacter cette personne et de savoir où en est ce projet.

Roland burckel

44 months ago
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première soirée le 4 juillet

Anne-françoise auberger

44 months ago
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Reprise des Soirées estivales : tous les vendredis d'été à partir de 18H30, visite guidée thématique, concert et échange. Vendredi 11 juillet, on fera le point sur la restauration des peintures murales, entrée libre.1

Wilfred HELMLINGER

44 months ago
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Pour ceux qui s'intéressent à Peter Schwarber, l'archiviste Bernhard Metz lui a consacré, ainsi qu'à la famille strasbourgeoise du même nom, une longue notice dans le NDBA n° 34, pages 3570 à 3571. On y apprend, en particulier, que Strasbourg avait dédié en 1881 une rue à Peter Schwarber (aujourd'hui partie Nord du quai Müllenheim), ce qui fait écho rétrospectivement au voeu du Cercle Menachem Taffel, qui milite pour que la mémoire de ce juste soit donnée à une rue de la ville...

Wilfred HELMLINGER

44 months ago
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Sauf erreur de ma part, malgré l'existence de 27 événements, j'ai cherché en vain un événement concernant d'éventuels monuments funéraires. En existe-t-il ? Peter Schwarber, l'Ammeister de Strasbourg, qui avait pris, sans succès, la cause des Juifs avant le massacre de la Saint-Valentin 1349, aurait été enterré ici, en 1366, après un exil forcé à Benfeld. Le "premier Juste de l'histoire alsacienne" reposerait donc ici .2.

Roland burckel

44 months ago
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petite rectification: les visites commencent à 18h30

Anne-françoise auberger

44 months ago
Score 0
Visites thématiques du temple, suivies de concerts dans le cloître, sont organisées durant l'été tous les vendredis soir à partir de 18H, entrée libre.3
  1. DNA du 02/06/2014 [archive]
  2. "Les monuments funéraires de l'église Saint-Pierre-le-Jeune à Strasbourg", in Cahiers alsaciens d'Archéologie, d'Art et d'Histoire, t. 27, 1984, p. 56, article cité par Jean-Pierre Lambert, in Annuaire 2013 de la Société d'Histoire des Quatre Cantons, page 36
  3. DNA du 02/07/2013 [archive]