Loading...

Eglise Evangélique Méthodiste : Temple de Sion. (Strasbourg)

De Archi-Wiki

1 place Benjamin Zix

Image principale
Chargement de la carte...

Date de construction 1570
Structure Immeuble
Courant architectural renaissance

Date de construction 1882
Architecte Wilhelm Friedrich Mack
Structure Lieu de culte (église, temple, synagogue, mosquée)
Courant architectural néo-roman

Date de démolition 1961
Il n'y a pas encore d'actualités sur cette adresse


Construction

Date 1570

A cet emplacement se trouvait une belle maison renaissance, appelée Kridehus, comme on en trouve encore aujourd'hui juste à côté. La plus connue étant la maison des tanneurs.

Eglise Evangélique Méthodiste : Temple de Sion.1

Date 1882
Architecte Wilhelm Friedrich Mack

L'église méthodiste de Sion, qui s'appelle aujourd'hui "Temple de Sion", a été édifiée dans le pittoresque quartier de la Petite France, et réalisée en 1882, conjuguant les formes néo-romanes et contemporaines.

Le dossier de la Police du bâtiment ne contient malheureusement aucun dessin ni plan de la construction. On sait seulement que la demande d'autorisation de construire a été faite officiellement par Mr Maurer, prédicateur de l'église évangélique (Prediger der Evangel. Gemeinschaft) en date du 17.3.1882. L'autorisation ou la décision (Beschluss) de construire fait suite en date du 26.3.1882. Aucune mention n'est faite de l'architecte ou de l'entreprise de construction.

Un panneau explicatif apposé sur la façade de l'église, peut-être à l'occasion de sa rénovation (2012-2014), mentionne que les travaux de construction ont commencé au début de l'année 1882, sous la direction de l'architecte M. Mack. Il précise que l'originalité du plan de ce dernier, par rapport aux églises traditionnelles, consistait à situer la salle de culte au 1er étage, le rez-de-chaussée étant réservé au logement du pasteur et de soeurs diaconesses. Il mentionne enfin que l'inauguration de la chapelle, qui reçut le nom de "Zionskirche", eut lieu le 10.12.1882 et que le jour de l'inauguration, 700 personnes remplissaient la salle de culte.

Selon un renseignement obtenu grâce à un contact direct avec un membre de l'église de Sion de Strasbourg, l'architecte Mack était originaire de Stuttgart, où il était membre de la même communauté méthodiste. Il y avait d'ailleurs déjà construit en 1879 une vaste église, qui fut complètement détruite par les bombes durant la deuxième Guerre Mondiale (depuis celle-ci a été recontruite, puis redémolie, pour faire place à un centre commercial !). D'après ce contact, "l'architecte disposait d'une surface plus étendue à Stuttgart, mais il a conçu le plan de l'église de Sion à Strasbourg en adaptant le plan de Stuttgart aux contraintes locales. La disposition des locaux est la même : salle de culte au 1er étage, logement du pasteur et petites salles de réunion au rez de chaussée, similitude de l'ornementation, de la forme des fenêtres et du clocheton néogothique sur un bâtiment néo-roman". Toujours selon le même contact, "le recoupement des renseignements provenant de diverses sources, permet de supposer, avec une quasi certitude, qu'il s'agit bien, concernant l'architecte de Wilhelm Friedrich Mack (1848- 1924)", qu'on trouve dans le répertoire des architectes allemands [archive] de Ulrich Bücholdt, sur internet.

Quant à l'architecture de ce bâtiment, on en trouve une riche description dans l'ouvrage sur les églises de Strasbourg dû à l'historienne de l'art Suzanne Braun :

"A l'extérieur, la nef de trois travées s'élève sur deux niveaux ajourés par deux types de baies superposées (barlongues et en plein cintre). Sur la place, la façade de l'église est à trois pans. Les pans latéraux sont ajourés par les mêmes baies que la nef, mais la corniche est soulignée par une moulure d'arcatures rampantes en plein cintre avec pilastres, qui s'inspire d'un décor roman très fréquent à partir du milieu du XIIe siècle. La partie centrale est la plus richement ornée et présente une ouverture monumentale mêlant les motifs décoratifs romans (chapiteaux tronconiques sculptés, et ouverture en plein cintre) aux motifs antiquisants (socles cannelés et linteau avec triglyphes et métopes). Le sommet de l'arc porte le millésime 1882. Au-dessus, deux baies en plein cintre évoquent comme sur la tour de l'église du Bouclier, la représentation traditionnelle des tables de la Loi. Le sommet de cette façade est couronné d'un fronton arrondi percé d'un oculus et orné de palmes sculptées. A l'intérieur, le premier niveau est constitué d'une salle servant à diverses manifestations, tandis que deux escaliers latéraux mènent au sanctuaire situé à l'étage, petit espace intime entouré de tribunes en bois". (Suzanne Braun, in Eglises de Strasbourg, éd. Oberlin, Strasbourg, 2002, page 210).

A noter que pour construire cette église, une belle maison renaissance a été sacrifiée. C'était "la plus vaste maison des tanneurs de tout le quartier, connue au 19 e s. , sous le nom de Kridehus, car elle ne servait plus qu'à entreproser de la craie". Ces renseignements sont tirés de la page 177 de l'ouvrage "Connaître Strasbourg", éd. Alsatia, 1988. Leurs auteurs Roland Recht, Jean-Pierre Klein, Georges Foessel, manquent cependant un peu de retenue en évoquant "une infâme chapelle sans style " qui la remplace...

Notons encore que le cintre en façade était surmonté d'un clocheton, qui a été détruit à la demande de la communauté en raison de son état défectueux en 1961. A ce sujet, le Dictionnaire historique des rues de Strasbourg, éd. 2002, page 69, n'est pas tendre non plus : "Cette construction romanisante a perdu son clocheton et de ce fait ne dépare plus la place envahie par les touristes"...

Comment interpréter cette irritation qu'on discerne dans les deux derniers commentaires ci-dessus ? S'agit-il seulement et uniquement d'une question de "goûts et de couleurs" ? Il est vrai qu'on a du mal à s'extasier devant ce bâtiment. Déjà, en son temps l'ouvrage de référence des architectes de l'époque semblait peu enthousiaste sur la réussite architectonique de ce mélange de style roman et moderne : "Die Zionskirche der Evangel. Gemeinschaft, im westlichen Stadttheile am sogenannten Zixplatze belegen, ist ein in architektonischer Beziehung wenig bemerkenswerthes Erzeugniss einer neueren Richtung, bei welchem romanisirende Formen mit völlig modernem Gepräge zur Anwendung gelangt sind". (Strassburg und seine Bauten, 1894, page 394)

Remarquons toutefois que la construction de cette église, en 1882, correspond également à la première installation d'une communauté libre (donc non reconnue par l'Etat) à apparaître en Alsace2. L'autre lieu de culte méthodiste à Strasbourg, presque aussi ancien, est le Temple "Emmanuel", situé au n° 7, rue Kageneck.

Démolition

Date 1961

Démolition de la tourelle le 15.11.1961.

En 1961, le gérant de l'église évangélique, Louis Seybel, domicilié au n° 1, boulevard Jacques Preiss, sollicite l'autorisation de démoliton de la tourelle de l'église, car elle se trouve dans un état jugé très défectueux. L'avis favorable est donné le 19.9.1961 par l'Architecte des Bâtiments de France. L'arrêté portant permis de construire est donné le 4.11.1961, et le 15.11.1961, la tourelle est démolie.

Vers 2010

Date environ 2010


Rénovation3

Date 19/5/2014
Architecte Keller (Cabinet)

Après 18 mois de travaux de mise en conformité et de rajout d'un ascenseur, l'église a rouvert ses portes le 17/5/2014 (DNA du 18/5/2014 [archive]).

C'est peut-être suite à cette rénovation qu'a été apposé sur la façade un panneau explicatif, relatant l'historique de l'église.

Autres vues sur cette adresse

Références

  1. Archives de la ville et de l'Eurométropole (Bibliothèque) - Cote 647W79
  2. "La mosaïque protestante aujourd'hui", par Marc Lienhard, in Ensemble n° 267, janvier 2013
  3. DNA (site internet)

Contribuez aussi à cet article

Commentaires[modifier | modifier le wikicode]

Vous n'êtes pas autorisé à publier de commentaire.