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Bâtiment de l'Aubette (Strasbourg)

From Archi-Wiki

31 Place Kléber

Image principale
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Date de construction 1764
Architecte Jacques-François Blondel
Structure Bâtiment militaire

Date de démolition 1870
Structure Bâtiments publics

Date de reconstruction 1875
Architecte Jean Geoffroy Conrath
Structure Bâtiments publics

Date de transformation 1928
Architecte Paul Horn
Peintre Jean (Hans) Arp
Structure autre

Date de extension environ 1980
Structure Commerces

Date de transformation 2007
Structure Commerces

Classement Monument Historique 1985
Consultez les 12 actualités de l'adresse


Bâtiment de l'Aubette

Date 1764
Architecte Jacques-François Blondel

L'aubette est l'unique bâtiment qui a été construit à l'époque de J.F Blondel. Pourtant la place aurait dû être à cette époque parfaitement homogène d'après les plans de l'architecte, appelés couramment "plans Blondel". Les finances ont manqué.

De 1764 à 1778 s'élève "l'Aubette" destiné à recevoir un corps de garde (Hauptwache), la chambre des logements militaires et le local où se donne, en principe, à l'aube, les mots d'ordre pour la garnison, d'où le nom "Aubette". Au 19e siècles, avant 1870, on y loge le siège de la Maréchaussée, les bureaux de l’État Major de la Place de Strasbourg, et au 1er étage, dans la partie centrale, un café-concert, puis en 1868, le musée municipal de peinture et de sculpture1,2.

La façade est en bon état, et date de 1764. Le bâtiment a été endommagé en 1870 (par les prussiens). L'aile droite a été décorée de 1926 à 1928 par "l'avant-garde artistique de cette époque, une équipe comprenant l'architecte hollandais Theo van Doesburg, le sculpteur strasbourgeois Hans Arp et son épouse, le peintre Sophie Taeuber.

Bombardement de 1870

Date 1870

Incendie lors du bombardement de 1870. Du bâtiment de Jean François Blondel, il ne restera que la façade principale.

Reconstruction3

Date 1875
Architecte Jean Geoffroy Conrath

C'est l'architecte de la ville, Jean Geoffroy Conrath, qui sera chargé de la reconstruction.

Le bâtiment sera surélevé d'un toit (ajout d'une balustrade, d'oeil de boeufs et des combles brisés).

Dans un document rédigé par Robert Will, architecte en chef de la ville, vers la fin des années 1960, on peut lire "La salle de concert, tout comme la façade, s'inspirait de l'architecture parisienne de l'époque. Elle reçut une couverture à coupole en ossature métallique, reposant sur colonnes en fonte, dont le modèle avait été la salle de lecture de la Bibliothèque Nationale, à Paris, construite en 1868 par Labrouste [archive]. La "coupole de cristal" fut évoquée, à Strasbourg, par des peintures en trompe-l'oeil représentant des plantes exotiques et des oiseaux évoluant au-dessus des voussures (fig 13-14)"4.

La ville en fit un bâtiment à vocation musicale, pour y accueillir le conservatoire de musique, ainsi on trouve des chutes d'ornements avec médaillons de musiciens entre les fenêtres. On peut y voir notamment Mendelssohn et Schumann. Sur le fronton de l'avant-corps central trône la figure allégorique de la musique5.

L'orchestre municipal quitte la salle de la rue des Balayeurs et donne ses concerts dans la salle au premier étage inaugurée le 5 novembre 1877, salle qui contient 750 fauteuils, jusqu'en 1898, date à laquelle elle émigre quai Kellermann6.

Le bâtiment abritait aussi le musée des beaux arts qui existait déjà à cet emplacement avant 1870 puisque de nombreuses oeuvres ont été détruites lors du bombardement de 1870. Le musée des beaux arts a déménagé au Palais des Rohan après 18907.

Les intérieurs renferment un escalier d'honneur néoclassique, et une grande salle de concert, et même d'exposition, beau spécimen d'architecture néogothique en métal.

Caveau en 1928

Date 1928
Architecte Paul Horn
Peintre Jean (Hans) Arp

En 1922, les frères André et Paul Horn, concessionnaires de la partie droite du bâtiment, projettent d'y installer un vaste complexe où s'imbriqueraient la restauration et les loisirs; la conception en est confiée à l'architecte Théo Van Doesburg, l'un des principaux théoriciens du mouvement de Stijl, en collaboration avec Hans Harp et son épouse Sophie Taeuber.

Au sous sol, le bar américain et le Caveau-Dancing, constituaient le terrain réservé à Jean Arp. Il avait peint lui-même ses formes rondes sur les parois du Caveau-Dancing. Un travail photométrique à partir de sérigraphie et quelques photographies de l'époque ont permis une approche la plus fidèle possible des couleurs retenues par l'artiste.8

Monument Historique9

Date 1985

Classement parmi les Monuments Historiques :Bâtiment de l'Aubette:

façade sur la place et toitures (classement : 9 avril 1929) ; ciné-dancing au premier étage de l’aile droite et escalier central de l’aile droite, de l’entresol au premier étage (classement : 18 novembre 1985) ; salle des fêtes et foyer-bar au premier étage de l’aile droite (classement : 30 novembre 1989).

Intérieur de 1928

Date 8/10/2006
Peintre Sophie Taeuber-Arp
Jean (Hans) Arp

Le complexe de loisirs de l' Aubette conserve son décor originel moins de 10 ans. Celui-ci est recouvert puis partiellement détruit à partir de 1938. La perspective de restituer ce décor avant-gardiste, connu par de nombreuses photographies d'époque et d'esquisses préparatoires en couleur, émerge dans les années 1960.

Des travaux de restitution, concernant exclusivement le Ciné-bal, sont entrepris en septembre 1985, date à laquelle la salle et l'escalier sont classés monuments historiques.

Le Foyer-bar et la salle des fêtes obtiennent le classement en 1989.

La rénovation de l'intérieur de l'aubette s'est faite en deux temps

- 1994: le café-cinéma

pour cette restauration le choix a été fait de conserver les anciennes peintures. Pour cela un film transparent a été appliqué, puis les nouvelles peintures ont été effectuées sur ce film.

Le résultat est décevant puisque 10 ans après la restauration des dégradations importantes apparaissent déjà.

- 2006

Une nouvelle restauration est entreprise, avec la salle des fêtes, le bar et l'escalier d'accès.

Cette fois ci la peinture a été directement appliquée sur le mur en gardant les mêmes teintes que l'oeuvre originelle.

Le nouvel ensemble est ouvert le 8 juin 2006.

L'oeuvre est composée des 3 couleurs primaires: jaune, bleu et rouge, ainsi que le gris et le noir.

L'ensemble des salles créées par les artistes (une dizaine au total), devait servir d'oeuvre totale, salles dans lesquelles il était possible de danser, manger, fumer, boire, regarder un film, etc... diverses formes d'art dans les années 1920.

Le public de l'époque n'a pas forcément bien accueilli le principe, et c'est pour cette raison qu'après seulement dix ans d'utilisation, les lieux ont été transformés, en dénaturant l'oeuvre d'origine.

Voir l'article sur Wikipédia [archive]

A voir aussi le site de l'exposition Arp is Arp [archive]

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Lien externe

- L'Aubette sur le site www.culture.gouv.fr [archive]

Références

  1. Connaître_Strasbourg_(édition_1988)_(Livre)
  2. voir aussi, L'ancien musée de peinture et de sculpture de Strasbourg brûle à l'Aubette en 1870 par Ch. Schneegans, extrait de la Revue Alsacienne Illustrée Vol. XVI, n°2 (1914), consultable aux archives municipales BRB439)
  3. DNA - Dernières Nouvelles d'Alsace (journal quotidien)
  4. Dossier Archives de Strasbourg (quote MS37), Le bâtiment de l'aubette à Strasbourg, de 1767 à nos jours, PDF [archive]
  5. DNA du 24/10/2008 [archive]
  6. Article de Geneviève Honegger dans la brochure Lés Clés de l'Orchestre Philharmonique de Strasbourg n°47
  7. Strasbourg 1900 - naissance d'une capitale, p41
  8. Vivre à Strasbourg
  9. http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr?ACTION=RETROUVER&FIELD_1=INSEE&VALUE_1=67482&NUMBER=29&GRP=2&REQ=%28%2867482%29%20%3aINSEE%20%29&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=9&SYN=1&IMLY=&MAX1=1&MAX2=100&MAX3=100&DOM=Tous [archive]

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Wilfred HELMLINGER

17 months ago
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Tout à fait d'accord, mais personnellement je n'aime pas lire un texte "bourré"" de liens, je ne sais pas pourquoi. Ce n'est pas que j'ai peur que cela explose, comme me disent mes enfants pour se moquer gentiment de moi, mais c'est sans doute parce que tous ces liens me rapellent à quel point je suis ignorant (sans fausse modestie !)...

Digito

17 months ago
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je ne l'ai pas pris comme une critique Wilfred il n'y a pas de soucis. Je voulais dire dans ma réponse que dans le cas ou des mots (en particulier d'architecture vu que c'est le contenu du site) ne serait pas forcément compris par le lecteur il vaut mieux mettre directement un lien dans le texte sur Wikipédia (voir la façon de faire dans ce cas dans le wikicode) ou autre bonne définition

Wilfred HELMLINGER

17 months ago
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Ce n'était pas de ma part une critique de notre site. Mais "chute d'ornements", je suis désolé, ce n'était pas évident.

Digito

17 months ago
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Suite à ton commentaire j'en ai profité pour faire 2 choses :
- rajouter des liens directs vers l'article Wikipédia sur la définition de chute d'ornements (je crois que c'est moi qui avait rajouté cette section pour l'essentielle)
- mettre en forme les sources au format AW et faire du ménage

Comme je l'écrivais récemment en actualité, le site rempli aussi une mission d'éducation populaire (ce n'est pas péjoratif!), tant mieux si on y apprend des choses et qu'on veuille aller plus loin, faciliter l'accès à la connaissance, c'est le but ! L'important finalement c'est que le contenu soit fiable et/ou vérifiable. CQFD.

Wilfred HELMLINGER

17 months ago
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Je précise, pour qui, comme moi, n'aurait pas compris, ce qu'est une "chute d'ornements", dont il est question dans la section "construction". La référence qui est donnée n'apporte en effet aucun renseignement : "une chute d'ornements est un motif ornemental vertical se lisant de haut en bas" (merci Wikipédia !)

Jean-Daniel Lohner

22 months ago
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Dans les années 1986 au première étage à droite du bâtiment se trouvait les salons " Ricard " où se déroulait de nombreuses manifestations.

Roland burckel

22 months ago
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Petite précision: la conférence du 16 juin commencera à 18h

Anne-françoise auberger

22 months ago
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A noter une conférence sur "La transformation de l'Aubette entre 1919 et 1928, un chantier de la municipalité Peirotes et des frères Horn".

Présentation par l'architecte Patrick Vérité, avec images inédites et débat,

à l' initiative de l'association Jean-Hans-Arp et du club Jacques Peirotes;

Lundi 16 juin, sur place au ciné-bal, 1er étage de l'Aubette, entrée de droite.1

Fabien Romary

22 months ago
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La source d'inspiration de la salle de concert est bien la salle de lecture de la Bibliothèque Nationale de France d'Henri Labrouste [archive]. Réponse trouvé aux archives de la ville dans un document très intéressant rédigé par Robert Will. Télécharger le document [archive] (7 pages, plus annexes)

J'ai mis à jour le site avec ces nouvelles données, qui confortent l'influence parisienne très présente dans la première décennie (1870-1880) de l'annexion.

Fabien Romary

22 months ago
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La grande salle néo-gothique de l'Aubette (voir une photo [archive]) m'interpelle depuis que je l'ai découverte il y a quelques années. Cette salle aurait été aménagé par Jean-Geoffroy Conrath, architecte en chef de la ville , vers 1875, après l'incendie et les bombardements de 1870.

J'ai découvert récemment les travaux d'Henri Labrouste, architecte Parisien qui a réalisé notamment l'intérieur de plusieurs bibliothèques et en particulier la salle Labrouste [archive], site Richelieu à la Bibliothèque National de France [archive] en juin 1868.

Cette salle, avec ses fines colonnette cannelés en fonte, ses chapiteaux ioniques, ses trois "nefs", ses coupoles à clair-voies, rappel à mes yeux la salle néo-gothique de l'Aubette [archive].

Comment cela serait-il possible ?

D'abord on peut l'expliquez par la formation de Jean-Geoffroy Conrath, il a étudié les beaux arts à Paris. Peut être a t-il continué à suivre "la mode" et se serait inspiré des travaux de Labrouste considéré comme très réussi par ses contemporains. Lors de sa formation parisienne, Jean-Geoffroy Conrath a pu aussi rencontrer Henri Labrouste.

Autre hypothèse, nous savons que Gustave Klotz, architecte de l'oeuvre notre dame et qui fut aussi architecte départementale, a été formé notamment dans les ateliers de Labrouste à Paris. Klotz et Conrath aurait pu échanger ou peut être collaborer pour l'élaboration de cette salle néo-gothique ?

Le décor immaculé de la salle de l'Aubette était sans doute peint à l'origine, ce qui rapprocherais encore plus la ressemblance avec la salle Labrouste de la BnF.

Je livre ici mes hypothèques avant de creuser plus le sujet et peut être recueillir des éléments d'internautes qui lirait mes propos, c'est pourquoi je poste ici ce commentaire.
  1. DNA du 12 juin 2014