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Bâtiment Principal de l'Hôpital civil (Strasbourg)

From Archi-Wiki

1 Place de l' Hôpital

Image principale
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Date de construction 1717 à 1725
Architecte Jean Pierre Pflug
François-Rodolphe Mollinger
Structure Hôpital / Clinique

Date de transformation 1740

Inscription à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques 13/6/1929
Consultez les 9 actualités de l'adresse


Bâtiment Principal de l'Hôpital civil

Date 1717 à 1725
Architecte Jean Pierre Pflug
François-Rodolphe Mollinger

Historique

L'hôpital ayant été constitué par l' ancien couvent des Carmes qui occupait le même emplacement depuis 1398 disparaît intégralement dans un incendie survenu le 6 novembre 1716; n'a réchappé du feu que le chœur polygonal gothique de la chapelle Saint Erhard (évêque de Ratisbonne) datant du XVe siècle (ancien choeur de l' église des Carmes), transformé en theatrum anatomicum à partir de 1740.

Entre 1717 et 1725 la ville entreprend sa reconstruction, confiée au chef des travaux de la ville, François-Rodolphe Mollinger; Jean-Pierre Pflug prolongera le bâtiment vers l'ouest en 1741.

En façade principale nord, on lit sur les deux portails latéraux à colonnes jumelées les inscriptions latines commémorant les travaux de 1724 et de 1741.1

Naissance clinique et Ecole des sages-femmes

L’hôpital sert de modèle en créant la première école de sages-femmes au monde. Cette école a eu un tel retentissement qu’elle a servi de modèle pour plusieurs autres écoles passant de l’Allemagne jusqu’à la Russie.

Elle a été installée en 1728, selon la volonté de Jean-Jacques Fried, accoucheur de la ville, dans le but de pallier au fort taux de mortalité des femmes en couches. L’école était établie dans le bâtiment principal jusqu’en 1855. Dispensant un enseignement pratique et théorique, elle était ouverte aux étudiants et aux médecins.

Il faut cependant apporter une nuance à nos propos. En effet, bien que l’établissement soit un modèle et prospère tout au long du XVIIIe siècle, « son personnel n’est pas toujours à la hauteur de ses missions ».

Description architecturale

Le bâtiment principal qui constituait l’hôpital a été reconstruit l'année suivant l'incendie de 1716, qui l'avait presque entièrement détruit.

Il mesure 150m de long pour une largeur de 16m. Sa particularité est sans aucun doute la dissymétrie de la façade qui s’incurve légèrement « pour suivre le tracé des anciennes fortifications ». Avant la Révolution, l’hôpital comptait 17 salles de malades. Mais ce nombre s’est réduit au fur et à mesure que les nouvelles cliniques furent construites, fin XIXe et début XXe siècle.

Le style des deux façades est le résultat de la rencontre de deux cultures. La façade rappelle le style de l’ancien hôpital militaire, tandis que la toiture avec ses quatre rangées de lucarnes et ses tuiles en queue de castor (Bieberschwanz), rappellent clairement la Renaissance strasbourgeoise. Un clocheton surmonte l’ensemble.

Autant, la régularité, la division des espaces, les encadrements en grès et les bandeaux de taille sont autant d’indices qui montrent l’influence d’un style français du XVIIIe siècle. De plus, on remarque que la façade nord comporte deux portails latéraux ainsi qu’un avant-corps orné d’un balcon en fer forgé, le tout couronné d’un fronton triangulaire. La façade sud est animée d’avant-corps et de balcons avec des gardes corps en ferronnerie qui contrastent avec la massivité des consoles.2

Transformation

Date 1740

La salle d' anatomie est réalisée en 1740 dans l' ancienne chapelle Saint-Ehrard, échappée à l' incendie du 6 novembre 1716.

Monument Historque 3

Date 13/6/1929

Inscrit sur l' inventaire des Monuments Historiques le 13/6/1929

Hôpital civil:bâtiment principal et ancienne salle d'anatomie.

Autres vues sur cette adresse

Références

  1. Les Grand Hôpitaux Français Tome I Les Hospice Civils de Strasbourg
  2. L'hôpital de Strasbourg, Denis Durand de Bousingen, éd. 2003, pp. 37-48
  3. http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=PA00085043 [archive]

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Jean-Michel Wendling

22 months ago
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Article de Hans Haug, publié dans Archives Alsaciennes d’Histoire de l’Art (1923), François-Rodolphe Mollinger et les service d’architecture strasbourgeois au XVIII° siècle.

I. Les architectes du XVIII° siècle à Strasbourg. « Tout homme cultivé se piquait de connaissances architecturales ». Certaines fonctions, comme celle d’ingénieur militaire, permettaient de mettre en œuvre des connaissances en art de construire. A Strasbourg, le pouvoir exécutif était entre les mains de l’inspecteur des travaux de la Ville (Lohnherr). Les différents rôles 1) architecte ou dessinateur de plans, 2) cerveau directeur de l’entreprise, 3) exécutant, entrepreneur des travaux, étaient dans beaucoup de cas confondus en la personne du maître maçon.

II. La jeunesse de François-Rodolphe Mollinger. Sources : éloge funèbre, procès verbaux (Treize, Directeurs des Bâtiments). Fils de Lohnherr, diplômé en droit (1701, licence utriusque juris), il entreprend ensuite avec Hertenstein, professeur de mathématiques, un voyage qui le mère à Paris, aux Pays-Bas, en Angleterre, en Allemagne, au Danemark et en Pologne. Il étend ses connaissance en architecture civile et militaire, en mathématiques, en philosophie et en questions sociales. Il fréquente en particulier la Hire à Paris (coupe des pierres) et Andreas Schluter à Berlin (sculpteur)

III. La reconstruction de l’Hôpital civil. Mollinger présente en 1718 et en 1725 des dessins et des plans.

IV. Les autres œuvres de Mollinger, sa mort et son remplacement. « A tout compter, aucun autre bâtiment ne peut lui être attribué avec certitude ».

V. Pièces justificatives (extraits de documents) : dont (2) la relation de voyage dans l’éloge funèbre, (5, 6) Inscriptions au-dessus des portails de l’hôpital, où Mollinger est qualifié d’« architectus ».

Commentaire – Un des buts de Haug était de souligner le rôle méconnu des constructeurs ou des architectes. L’article fait remarquer que le bâtiment s’inspire entre autres de l’hôpital militaire. Il entrait dans les fonctions de Mollinger, préposé aux travaux de la Ville, d’organiser la construction de l’hôpital. Il est cependant difficile de faire la part entre son intervention personnelle et celle des services de la Ville (chantiers des maçons et des charpentiers) qui ont été mis à contribution (voir la liste des artisans que fournit Haug).

Wilfred HELMLINGER

22 months ago
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Je pense que dans le détail, vous avez sans doute raison. Jean Daniel Ludmann (dans "Histoire de Strasbourg, tome 3, page 472) va d'ailleurs aussi dans votre sens concernant l'édification du nouvel hôtel du Maréchal du Bourg. Ce dernier, écrit-il, s'est adressé à Mollinger, l'architecte de la ville (je cite Ludmann), puisque c'était la ville qui finançait le bâtiment. Mais tout donne à penser, poursuit-il, que ce fut soit Du Portal, soit Perdiguier, tous deux successivement ingénieurs en chef de la place, qui fit les plans de l'hôtel. Concernant le Maréchal du Bourg, Ludmann précise que celui-ci était si concerné par l'architecture que cette passion lui a valu le mot de Massol, disant de lui : "sa folie était d'être architecte". Là, on est donc dans le second degré...Bon, maintenant, place au foot !

Jean-Michel Wendling

22 months ago
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Au jeu des plans, je peux vous fournir un plan de l’Hôpital de 1718 signé du Portal.

Wilfred HELMLINGER

22 months ago
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Petit complément : l'ouvrage "Strassburg und seine Bauten" évoque, page 131 le "Baumeister Mollinger", et page 324, les plans de Mollinger (die Wiederherstellung des niedergebrannnten Bürgerspitales nach des Plänen Mollinger's).

Jean-Michel Wendling

22 months ago
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C’est récemment que j’ai appris que François Raoul Mollinger était docteur en droit. La fonction de chef des travaux n’implique pas d’intervention directe dans la construction elle-même. Je réserverai d’autres commentaires jusqu’à plus ample informé. Je citerai pour l’instant le bâtiment du maréchal du Bourg rue de la Nuée Bleue. Si Mollinger a apporté son aide à du Bourg, les documents n’indiquent pas qu’il soit pour rien dans la réalisation. Weirich dans son article (CAAH 1964) va bien dans ce sens. Pour mettre provisoirement tout le monde d’accord sur l’usage du terme d’architecte, je rappellerai que le même Weirich qualifie du Bourg d’architecte.

Wilfred HELMLINGER

22 months ago
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Bien vu, Monsieur Wendling, je viens de lire la biographie de François Rodolphe Mollinger (1676-1738), pour la rédiger sur le site, et effectivement, il avait lui aussi fait des études de droit. Mais toute la suite de la notice de Rieger, ainsi que le titre de la notice, lui attribuent bel et bien le statut et les travaux d'architecte (voir le résumé de sa biographie). Concernant la question du titre d'architecte, Fabien l'avait déjà pointé un jour dans un commentaire, c'est un titre qui n'a été "labellisé" que très récemment.

Jean-Michel Wendling

22 months ago
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François Raoul Mollinger mort en 1738 était docteur en droit et Statt Lohner. A cette date François Raoul fils était licencié en droit. La fonction de Lohner (directeur des travaux) n'a rien à voir avec l'architecture.

Wilfred HELMLINGER

22 months ago
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Je sens que je vais devoir m'en mêler, muni de mon NDBA (n° 27), et rétablir François Rodolphe Mollinger (1676-1738) dans son bon droit et son statut d'architecte ! L'article de Théodore Rieger le concernant (pages 2682 et 2683) est en effet sans appel ! La confusion provient de la répétition des prénoms à l'identique sur trois générations : le père de François Rodolphe Mollinger, s'appelait déjà François Roldolphe. Mais son fils, lui aussi, se prénommait ainsi, et c'est ce dernier qui a fait des études de droit, selon Théodore Rieger, et reçut temporairement (1738-1740) le titre de commissaire des bâtiments de la ville.

Jean-Michel Wendling

22 months ago
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Mollinger passe pour avoir été « architecte » probable de l’hôtel du Maréchal du Bourg , de la maison « Müllenheim" (en fait Thierry Fahlmer) quai Saint-Nicolas. Pour l’hôpital, on trouve la référence dans le Dictionnaire des Monuments historiques. L’origine de cette allégation est fort ancienne. Personne ne semble s’être préoccupé qu’il doit docteur en droit...

Fabien Romary

22 months ago
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Merci pour cette précision, j'ai corrigé. Les catégories de profession sur Archi-Strasbourg sont, comme vous l'avez déjà constaté, limité. J'ai donc mis "personnalité" qui est assez générique.

J'ai ajouté vos précisions sur la fiche de François Raoul Mollinger.

Je n'ai pas l'ouvrage de Denis Durand de Bousingen sous la main pour vérifier s'il avait bien utilisé le mot architecte. Il s'agit peut être d'une erreur du contributeur.

Jean-Michel Wendling

22 months ago
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François Raoul Mollinger (Frantz Rudolph Mollinger), chef des travaux de la Ville (Stattlohner) était docteur en droit, nullement architecte.