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7-9-11 Rue Ampère (Strasbourg)

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7-9-11 Rue Ampère (Strasbourg)

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Date de construction 1926
Architecte Mannietti
Structure Immeuble
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Résidence Ampère (anciennement Maisons Ouvrières de l’Électricité de Strasbourg ou Cité Ouvrière de la Musau)

Situation géographique

La partie du terrain où est construite la résidence se trouve entre le Chemin de la Musau (Musauweg), aujourd'hui Rue de la Musau, 4ter Musauweg, aujourd'hui Rue Musauweg et le Chemin du Lombartswoerth (Lombartswoerthweg). Ce terrain est situé sur la parcelle n°240 sur le plan de Strasbourg de 1912 ci-dessous. L’Électricité de Strasbourg a acheté une partie de ce terrain pour y construire des logements , pas loin de la Centrale électrique du Port du Rhin Rue du Havre, pour une partie des ouvriers, du fait que cette zone était industrielle et qu'il n'y avait pas de logements disponibles. Depuis la fin du XVIIIe siècle, des logements ouvriers sont habituellement construits près des usines et des manufactures, voir depuis le Moyen-Age pour les citées minières (ex : La Cité minière de Sainte-Marie-aux-Mines).

Zones de servitudes militaires et zone de protection des captages d'eau de l'usine de relevage du Polygone

La ligne mixte qui traverse le terrain, représente la limite du Ière zone des servitudes militaires non aedificandi (Erster Festungs-Rayon (F.R. I) durant la période allemande). Cela correspond à une des trois zones qui font partie des organisations défensives du front sud, appelées aussi organisations défensives de la voie ferrée Strasbourg-Kehl, mise en place par la loi allemande du 21 Décembre 1871. Ces zones des servitudes militaires sont régies par des règles très strictes sur les constructions et les aménagements. Elles couvrent la zone située au sud de la voie ferrée Strasbourg-Kehl, déplacée plus au sud par les allemands en 1907, située à l'origine au niveau de l'Avenue Jean Jaurès depuis 1861. La Ière zone des servitudes militaires non aedificandi est liée à l'usine élévatoire des eaux (Pumpshalten der wasser Leitung) du Polygone.

L'article 1 de la loi du 21 juillet 1922, relative au déclassement de l'enceinte fortifiée de la ville de Strasbourg, les servitudes militaires au sud du remblai de la voie ferrée Strasbourg-Kehl sont conservées.

Le 16 Juillet 1927, le Sénat et l'Assemblée Nationale ont adopté une loi visant le déclassement des servitudes militaires au sud du remblai de la voie ferrée Strasbourg-Kehl. Toutefois, la servitude non aedificandi est maintenue, pour des raisons sanitaires, au niveau de la zone des captages d'eau du Polygone jusqu'à ce qu'un décret ait décidé autrement.


Un arrêté préfectoral du 11 mars 1959 élargi la zone de protection des eaux sur le secteur sud du quartier de la Musau et du Polygone, au-delà de la zone de servitude non aedificandi1.

La loi du 5 décembre 1990, votée par l'Assemblée Nationale le 8 juin 1990, abroge en quasi-totalité les lois de 1922 et 1927, dont cette servitude non aedificandi2. Cette procédure parlementaire fut initiée vers la fin des années 80 par la ville de Strasbourg porté par M. Jean OEHLER3.

Les règles strictes sur les constructions et les aménagements dans la Ière Zone des servitudes militaires non aedificandi, puis de la servitude non aedificandi de la zone de captage des eaux du Polygone ont eu des conséquences sur la construction de l'immeuble et des différents aménagements faits au fil des années.

Premier projet de construction abandonné4

Date 1925

Le 25 aout 1925, un premier projet de construction fut transmis à la mairie de Strasbourg, mais abandonné début 1926. Il était composé d'un bâtiment de type A, composé de logements pour 10 familles coté Chemin du Lombartswoerth (Lombartswoerthweg) et un bâtiment de type B, composé de logements pour 8 familles coté Chemin de la Musau (Musauweg). Ces logements étaient constitués d'un rez-de-chaussée surélevé, d'un premier étage, d'un sous-sol et d'un grenier.

Entre les deux bâtiments de logements étaient aménagés dix-huit jardins ouvriers avec deux modèles de dépendances (une dépendance pour 2 jardins). Chaque jardin était accessible depuis l'entrée arrière de chaque logement. Un chemin en forme de Z liait les deux bâtiments de logements en passant entre les jardins ouvriers.

Comme on peut le constater dans l'extrait du plan du port de Strasbourg de 1933 ci-dessous, le cartographe de la Société de documentation industrielle de Paris a utilisé par erreur les documents du premier projet de 1925 pour dessiner le plan.

Les Dépendances

Il y a deux types de dépendances qui ont été prévus dans le premier projet. La dépendance de type A, d'un nombre de cinq, installées dans les jardins derrière l'immeuble Lombartswoerthweg, parallèle à celui-ci, et la dépendance de type B, d'un nombre de quatre, installées dans les jardins derrière l'immeuble Musauweg, perpendiculaire à celui-ci.

La dépendance de type A

Plan de la dépendance de type A

La dépendance de type B

Plan de la dépendance de type B


Construction de la résidence

Date 1926
Architecte Mannietti


Début 1926, l'ES transmet un nouveau projet à la mairie, expliquant que le cout de construction doit être réduit et qui permet d'augmenter le nombre de logement de 18 à 24. A la place des deux bâtiments de 18 logements, ce sera donc un ensemble de 3 maisons ouvrières à étages (immeuble à 3 entrées) de 24 logements qui sera construit.

Descriptif

Immeuble avec un rez-de-chaussée surélevé, trois étages, greniers (avec 8 boxes et 1 local pour suspendre le linge pour chacune des trois entrées) et caves (avec 8 boxes et 2 buanderies par entrée), ayant appartenu jusqu'en 1992 à Électricité de Strasbourg5, avec 24 appartements (chacun avec un local dans le grenier et dans la cave) destinés autrefois à leurs ouvriers qui travaillaient dans l'ancienne Centrale électrique du Port du Rhin Rue du Havre.

Son architecture est légèrement influencée par le style Art déco que l'on remarque au niveau des portes d’entrées et des baies octogonales qui les surmontent, mais l'effet néoclassique domine avec la symétrie de la façade, très sobre, dont la partie centrale est couronnée par un vaste fronton triangulaire dont le tympan est percé d'une fenêtre en demi-cercle.

Les habitants du quartier de la Musau la surnomment aussi depuis toujours la Maison Jaune. Devant l'immeuble, se trouve une bande d'espaces verts qui fait une séparation avec la voie publique Chemin du Lombartswoerth (Lombartswoerthweg), chemin rural qui existait déjà avant que la Rue Ampère (Siemensstraße durant la période d'occupation nazie) fut aménagée en 1929. A l'arrière de l'immeuble se trouvent des étendoirs à linge, des jardins ouvriers privés et des garages boxes.

Un grand fronton triangulaire surmonte les cinq travées centrales de la façade sur rue.

Coté façade nord, il y a l'accès en sous-sol du local de l'ancien poste de transformation. En 1966, la trappe de descente pour matériel a été agrandie. Le 25 septembre 1991, l'ES a demandé un permis de construire à la mairie pour la construction d'un local (poste Loeber disposition 53A) à coté des garages, afin de transférer le poste de transformation dès que la construction du local serait terminée. Cela est dû à des modifications des normes de sécurité sur les postes de transformation. Ce poste de transformation alimente toujours en électricité le quartier Musau, en aérien pour la partie ancienne du quartier, en souterrain pour la partie récente du quartier.

Références

  1. https://www.strasbourg.port.fr/actualites/champ-captant-du-polygone/ [archive] consulté le 17/05/2022
  2. https://sig.strasbourg.eu/datastrasbourg/ceinture_verte_cartos/2019_Ceinture_verte.pdf
  3. https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Oehler [archive]
  4. Archives de la ville et de l'Eurométropole (Bibliothèque) - Cote 640 W 214
  5. Contribution "Renaud67" du 25/06/2020

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