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6 quai Koch (Strasbourg)

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6 quai Koch

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Date de construction 1882
Architecte Kirchenbauer et Seufert
Structure Immeuble
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Construction1

Date 1882
Architecte Kirchenbauer et Seufert

Bel immeuble classicisant en pierre de taille, qui occupe la partie droite d'un ensemble homogène d'inspiration néoclassique. La partie gauche, symétrique, est occupée par le n° 4 quai Koch. Au centre, se trouve le n° 5 quai Koch, qui comporte une travée supplémentaire par rapport aux deux autres, ce qui lui donne une symétrie complète, seulement atténuée par la position latérale de la porte.

En observant la façade du n° 6, de gauche à droite :

- On constate que le n° 6, comme le n° 4, qui lui est symétrique, comporte quatre premières travées régulières, puis une travée légérement en ressaut occupée au sol par la porte, et au sommet par un toit en pavillon, ce qui lui donne à cette travée l'apparence d'une tour.

- On note que la grande porte est conçue de manière à permettre le passage d'une voiture tirée par des chevaux. L'examen du plan du rez-de-chaussée le confirme, puisqu'on peut voir qu'à l'arrière de l'immeuble le propriétaire a prévu l'installation de deux écuries, d'un gîte pour le cocher, et d'une remise.

En observant la façade du n° 6, de bas en haut :

- On constate que le socle est en grès rose, comme c'est souvent le cas dans les bâtiments universitaires, situés non loin de là. Faut-il y voir une allusion au grès des Vosges local ? 

- Au rez-de-chaussée, on trouve des fenêtres cintrées, au-dessus desquelles sont distribuées quatre têtes sculptées, de jeunes femmes pourvues d'un collier avec pendentif, et d'hommes barbus, qui alternent régulièrement. Ces sculptures sont discrètes et passeraient presque inaperçues au sein l'ensemble de la façade. On peut les concevoir comme de simples allusions à la qualité "bourgeoise" de l' habitant des lieux. Elles n'en sont pas moins remarquables, lorsqu'on en contemple le détail. 

- Au premier étage, on note les frontons curvilignes des 4 premières travées, avec la présence d'un grand balcon avec balustres en pierre, et au niveau du ressaut vertical, on remarque les pilastres ioniens supportés par de petites consoles, et surmontés par un entablement et un petit balcon en pierre.

- Le deuxième étage est plus sobre au niveau des quatre premières travées, pour retrouver le lustre classicisant au niveau du ressaut vertical.

- Au troisième étage, enfin, on retrouve des fenêtres surmontées de frontons currvilignes et aux arcs cintrés au niveau du ressaut vertical. Ce niveau est par ailleurs décoré par un deuxième balcon, dont le garde-corps est muni de ferronneries (mais comme cela a été aussi le cas pour les n° 4 et 5, ce balcon a été rajouté en 1906),

L'autorisation de construire est signée en date du 15.2.1882 par l'architecte de la ville J Conrath. Les maîtres d'oeuvre, qui sont aussi les maîtres d'ouvrage sont les architectes Kirchenbauer et Seufert, situés 54, rue du Faubourg de Pierre. Ces derniers sont d'ailleurs les auteurs de l'ensemble des trois immeubles (n° 4, 5 et 6). La fin des travaux est précisée comme datant du 11.1.1883.

Cet immeuble, étant le premier des trois immeubles a obtenir le permis de construire, il est probable que le client potentiel n'était pas encore trouvé et que l'architecte Seufert s'est porté garant jusqu'à ce que l'affaire soit entendue. Un indice porte à croire que l'hôte attendu en ces lieux devait être médecin et y pratiquer son art. On trouve en effet sur la grande porte d'entrée de belles ferronneries au sein desquelles un dessin ressemble fort à un caducée. L'affaire n'a sans doute pas dû tarder, car dès l'année 1890, on peut constater qu'un nommé Scherdlin est propriétaire de l'immeuble, entamant des travaux divers. Le sieur Scherdlin était-il médecin ? Cela n'a pas pu être confirmé par le dossier.

En 1906, on observe ici aussi, comme pour les n° 4 et 5, vers la même date, l'ajout d'un balcon au 3e étage, conçu cette fois par les architectes Kirchenbauer et Waltz, le propriétaire étant toujours le sieur Scherdlin. En 1913, on trouve cette fois à cette adresse un médecin, ce qui semble confirmer l'hypothèse émise auparavant. Il s'agit du docteur en médecine Weeber, spécialiste en oto-rhino-laryngologie, qui souhaite poser une plaque ou une enseigne.

Plus tard, vers 1935, le propriétaire est encore un médecin, en la personne du pédiatre Paul Rohmer (1876-1977) [archive], directeur de la clinique infantile des Hospices civils de Strasbourg, puis titulaire de la chaire de pédiatrie de 1924 à 1947. Celui-ci fait construire en 1935 un garage à 2 boxes dans la cour, par l'entreprise de Jacques Kaiser, située 24 rue Gounod. Paul Rohmer resta, semble-t-il, propriétaire de l'immeuble jusqu'à sa mort, en 1977, à l'âge de 101 ans.

A propos de l'homogénéité de l'ensemble formé par les n° 4, 5 et 6 quai Koch, on peut encore faire remarquer que les terrains appartenaient manifestement à la Ville, et non à des particuliers : du coup la Ville pouvait avoir un droit de regard sur ce qui se construisait à proximité de l'axe qui va du Palais Impérial à l'Université ! Et l'on peut dire, qu'après plus de 130 années d'existence, l'effet est plutôt réussi pour l'oeil du promeneur.

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