Loading...

61 Route du Polygone (Strasbourg)

From Archi-Wiki

61 Route du Polygone

Image principale
Chargement de la carte...

Date de extension 1896
Architecte Heinrich Backes
Structure Immeuble

Date de démolition environ 1933

Date de construction 1933 à 1934
Architecte Albert Strohmenger
Structure Immeuble
Il n'y a pas encore d'actualités sur cette adresse


Premier immeuble et autres constructions1

Date 1896
Architecte Heinrich Backes


Contexte

Il est difficile de préciser à quelle date exactement le maître-boulanger (Bäckermeister) Friedrich Voos devient propriétaire du terrain, mais c’est probablement autour de l’année 1887.

Ce qui est assuré, c’est que le terrain est alors encore bordé par le cours d’un ruisseau appelé à l’époque le « Bubenwasser » (Le bain aux garçons), puisque ce cours d’eau, alimenté par le Rhin Tortu et qui se jetait dans le Fossé Riepberg, n’a été asséché qu’en 1900.

Transformé ensuite en rue, celle-ci s’est alors d’abord appelée « Am Bubenwasser » (rue du Bubenwasser / ou rue du bain aux garçons), puis à partir de 1925 environ « rue du Ruisseau Bleu ». La transformation du nom s’explique peut-être par une mauvaise compréhension du nom initial  ? 2

Toujours est-il que Friedrich Voos y possédait, dès 1887, une maison avec des dépendances. Cette maison portait alors le n° 33, route du Polygone (le changement de numéro interviendra vers 1900 le n° 33 devant le n° 61). En 1887, le propriétaire se fait construire un atelier de menuiserie à l’arrière de sa maison.

1896

En 1896, il sollicite finalement l’architecte Heinrich Backes pour la construction d’un premier immeuble sur les lieux. Le plan de situation et les dessins de l’architecte permettent de voir que cet immeuble comportait un rez-de-chaussée avec deux étages carrés plus un étage mansardé, et se situait à quelque distance du ruisseau.

Les plans indiquent que les travaux menés par H. Backes consistent en fait à opérer une importante extension et à surélever la maison préexistante (les murs pochés en noir indiquent le tracé des murs existants, tandis que ceux pochés en rouge indiquent les ajouts).

1907 - kiosque à journaux

Après l’assèchement du ruisseau sera d’ailleurs installé en 1907, devant la façade de l’immeuble donnant sur la rue du Bubenwasser, future rue du Ruisseau Bleu, un kiosque à journaux provenant initialement de la place d'Austerlitz (Metzgerplatz).

1913

C’est peut-être anecdotique, mais révélateur de la trace laissée dans les mémoires par le cours d’eau disparu, puisqu’en 1913, un peintre, du nom de Johann Koch, propose un projet de fresque pour la maison dont le titre est « Villa Bubenwasser ».

Cette peinture, proche de l’art naïf, a-t-elle vraiment été apposée un jour sur la maison ? La réponse à cette question est impossible à donner au vu des renseignements disponibles dans le dossier, mais on proposera une image de cette fresque pour se rendre compte de son caractère « naïf ».

Enfin, en 1913 également, le propriétaire des lieux, qui est toujours F. Voos, demande à l’architecte Auguste Haentzler, situé 26, rue de la Grossau, d’installer une clôture autour de son terrain. Et on apprend à cette occasion que Friedrich Voos réside alors au n° 4, rue du Ruisseau Bleu (à l’époque encore appelée Bubenwasser 4), une belle maison richement ornée de balcons, de décors et d’un pignon un peu ostentatoire, construite en 1902, à deux pas de là. Peut-être en a-t-il été le commanditaire, mais cela est à confirmer.

Pour finir, on constatera en consultant la section suivante, que le premier immeuble ne cédera la place à un nouvel immeuble qu’à la fin de l’année 1933.

Construction de l’immeuble actuel1

Date 1933 à 1934
Architecte Albert Strohmenger

Immeuble construit en 1933-1934, et qui fait l'angle avec la rue du Ruisseau Bleu.

A une époque où les architectes sacrifiaient plutôt à la mode de l’architecture nouvelle Art-Déco, on a affaire ici à une construction riche en allusions aux acquis assurés d'un proche ou d'un plus lointain passé.

Descriptif

La façade utilise un vocabulaire de style néo-renaissance. On y trouve notamment des pilastres colossaux, une grande lucarne avec fronton curviligne et des loggias. Le troisième étage possède un cordon mouluré et des fenêtres avec modillons.

L'entrée est encadrée par un décor architectonique avec deux pilastres cannelés avec chapiteau ionique. Sur la corniche, au droit des pilastres, se trouvent deux amortissements.

La travée surplombant l'entrée est curviligne, à chaque étage se trouve des loggias. Cette travée est couronnée par une grande lucarne avec fronton curviligne.

Historique

Le nom de l'architecte, Albert Strohmenger, est indiqué sur la façade et permet à tout passant de connaître sans faire de recherches le nom du maître d’œuvre, qui était installé au n° 47, rue de Rathsamhausen.

Le commanditaire ou maître d’ouvrage, domicilié route du Polygone, gère une entreprise de Pompes Funèbres. Dans un courrier du 26 août 1932, il précise qu’il a acheté la maison en place pour la démolir et pour reconstruire un nouvel immeuble, la surface de la parcelle étant de 400 m² et la surface projetée de l’immeuble étant de 290 m².

L’autorisation de construire est accordée le 28 décembre 1933 pour la construction d’un immeuble de rapport à l’angle de la route du Polygone et de la rue du Ruisseau Bleu. Au rez-de-chaussée sont prévus des magasins. Aux étages on trouve chaque fois trois appartements, comprenant respectivement 2 pièces, 3 pièces et 4 pièces, cuis. , sdb, wc, + un petit hall.

Le calcul statique (Statische Nachweis) est dressé par Léon Ursleur, ingénieur conseil, situé 8 chemin des Roses, au Neudorf.

L’entreprise de construction est la Maison Steinbach Frères, située 4, rue des Foulons. On apprend par un courrier contenu dans le dossier que la maison en place est en cours de démolition au 12 janvier 1934.

La réception finale de l’immeuble a finalement lieu le 14 décembre 1934, en présence du commanditaire. Sauf erreur de notre part, il semble bien que les enseignes du rez-de-chaussée ont fait preuve d’une stabilité étonnante au cours du temps.

Ainsi, l’angle a-t-il sans doute été depuis la construction de l’immeuble occupé par l’entreprise de Pompes Funèbres Aubry. Et le magasin occupant l’extrémité droite du rez-de-chaussée, côté route du Polygone, a-t-il été occupé d’abord, semble-t-il, par une épicerie, puis depuis au moins 1965, par un Salon de thé-Pâtisserie, et aujourd’hui par une Boulangerie-Pâtisserie.

Enfin, un ravalement de l'immeuble a eu lieu vers 2005.

Quatre photos d’archives des commerces (1983 à 1993)1

Date 1983 à 1993


Quatre photos de qualité inégale qui sont conservées dans le dossier, illustrent la stabilité des enseignes et commerces occupant le rez-de-chaussée.

Références

  1. a, b et c Archives de la ville et de l'Eurométropole (Bibliothèque) - Cote 854W286
  2. Dictionnaire historique des rues de Strasbourg, édition 2002, page 291

Contribute to this article

Comments[edit | edit source]

You are not allowed to post comments.


Digito

25 months ago
Score 0

Merci pour cette fiche richement documenté! Je dis souvent qu'il faut s'émerveiller des choses simples du quotidien, le printemps en fleur, des enfants qui s'amuse, regardé la pluie quand on est au sec etc.. et bien dans nos vies richement connecté on peut aussi s'émerveiller de cette fiche, gratuite, librement accessible et réutilisable!

Pour les rabats-joies qui trouverait à redire ils peuvent toujours améliorer l'existant :)

Wilfred HELMLINGER

25 months ago
Score 0

Merci aussi Fabien ! Tu as fait le plus dur (moi je me serai lancé dans des notions de postéclectisme avec pastiche de style Renaissance préfigurant le style baroque..., mais je préfère rester prudent dans ce domaine si difficile de l'histoire de l'art).

J'ai par ailleurs supprimé la section "ravalement", en l'intégrant dans la fiche, car elle n'apportait rien de plus. Il me reste à ouvrir le dossier ...

Digito

25 months ago
Score 0
J'ai légèrement documenté mais cela ne vaut pas une visite aux archives. Merci d'avance Wilfred.

Wilfred HELMLINGER

25 months ago
Score 0
La date de construction en 1880 est impossible, d'abord en raison du style de l'immeuble, et parce qu'on peut lire le nom de l'architecte sur la façade (Albert Strohmenger, qui est né en 1900). Je propose de documenter cette adresse prochainement.