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Difference between revisions of "Utilisateur:Digito/Nouvelle actu"

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(Créer une oeuvre qui se reproduise)
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Quand on accède a un contenu sur internet il est beaucoup plus difficile de différencier ce qui provient d'une source sérieuse, professionnel et crédible ou d'un canular / désinformation / source douteuse. C'est pourquoi de nombreuses personnes se font avoir (pas seulement les enfants), surtout s'ils n'ont pas de connaissance particulière dans le domaine ou ils font leur recherche.
 
Quand on accède a un contenu sur internet il est beaucoup plus difficile de différencier ce qui provient d'une source sérieuse, professionnel et crédible ou d'un canular / désinformation / source douteuse. C'est pourquoi de nombreuses personnes se font avoir (pas seulement les enfants), surtout s'ils n'ont pas de connaissance particulière dans le domaine ou ils font leur recherche.
  
Quand la matérialité du contenu n'existe plus ou si peu (l'ouvrage est remplacé par l'habillage du site, c'est à dire sa forme) il est facile de tromper l'utilisateur. Un site web mal intentionné peu imité la forme d'un site professionnel.
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Quand la matérialité du contenu n'existe plus ou si peu (l'ouvrage est remplacé par l'habillage du site, c'est à dire sa forme) il est facile de tromper l'utilisateur. Un site web mal intentionné peut imiter la forme d'un site professionnel.
  
 
Le contenu (le fond) sur internet n'est de loin pas toujours un chef d'oeuvre... Il faut en permanence avoir l'esprit critique, croiser ses sources et les vérifier.
 
Le contenu (le fond) sur internet n'est de loin pas toujours un chef d'oeuvre... Il faut en permanence avoir l'esprit critique, croiser ses sources et les vérifier.
  
Si internet permet a chacun - et tant mieux - de créer son oeuvre il faut être extrêmement vigilant sur ce qu'on y lit.
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Si internet permet à chacun - et tant mieux - de créer son oeuvre il faut être extrêmement vigilant sur ce qu'on y lit.
  
 
L’imprimerie au XVème siècle aura permis la diffusion progressive du savoir. Avec internet à la fin du XXème siècle tout ceux qui était connecté pouvait écrire et publier. Le véritable enjeu aujourd'hui c'est d'être crédible et réutilisable. Aussi élaboré que soit les algorithmes, aussi nombreux qu'en soit les critères, ils ne remplacent pas la conscience du lecteur, sa perspicacité et son esprit critique.
 
L’imprimerie au XVème siècle aura permis la diffusion progressive du savoir. Avec internet à la fin du XXème siècle tout ceux qui était connecté pouvait écrire et publier. Le véritable enjeu aujourd'hui c'est d'être crédible et réutilisable. Aussi élaboré que soit les algorithmes, aussi nombreux qu'en soit les critères, ils ne remplacent pas la conscience du lecteur, sa perspicacité et son esprit critique.
  
Les bibliothèques et les institutions ont encore de nombreux contenus qui ne sont pas en ligne. Cela prendra encore plusieurs décennies avant que l'on ne trouve l'ensemble des contenus physiques en ligne. Même si la tendance d'une dématérialisation est forte, la vigilance doit l'être tout autant.
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Les bibliothèques et les institutions ont encore de nombreux contenus qui ne sont pas en ligne. Cela prendra encore plusieurs décennies avant que l'on ne trouve l'ensemble des contenus physiques en ligne. Au delà des coûts de numérisation c'est les barrières psychologiques ou universitaires (partager l'information, la rendre moins élitiste) qu'il faut dépasser. Même si la tendance d'une dématérialisation est forte, la vigilance doit l'être tout autant.
  
Oui à la création de contenu et d'oeuvre sur internet, mais en basant sur des sources fiables et en les citant pour que le contenu soit réutilisable comme c'est le cas pour les oeuvres papiers. Le pouvoir de reproduction, qu'il soit matériel ou immatériel assure la pérennité de l'oeuvre et son universalité.
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Oui à la création de contenu et d'oeuvre sur internet, mais en se basant sur des sources fiables et en les citant pour que le contenu soit réutilisable comme c'est le cas pour les oeuvres papiers. Le pouvoir de reproduction (et sa transcendance), qu'il soit matériel ou immatériel assure la pérennité de l'oeuvre et son universalité.
  
 
Fabien Romary<br>
 
Fabien Romary<br>

Revision as of 12:18, 29 July 2019

L'oeuvre

Fin juin se déroulait la kermesse de l'école Saint-Jean. J'étais présent en qualité de parent d'élève. Cette édition de fin d'année scolaire était un peu spécial puisque c'était aussi les 50 ans de l'école. A cette occasion divers animations étaient proposés comme des témoignages, dessins et recherches sur l'école effectué par les élèves et leurs professeurs. Un travail de recherche sur l'école a également été effectué par Yannick Muller, historien et directeur de l'école maternelle Saint-Jean1.

Si je parle ici de cette kermesse c'est en pensant au travail des élèves de l'école élémentaire qui ont utilisé Archi-Wiki (texte et photos) pour leur recherche. Quoi de plus simple que de tomber sur notre travail depuis un moteur de recherche ?

D'autre part nous encouragerons la réutilisation - et ça marche, la preuve. Dans leur recherche les élèves avaient récupéré des informations sur les pages de l'école Saint-Jean rue des Bonnes gens, sur la rue des Bonnes gens et sur l'ancienne école Saint-Jean.

Autre exemple de réutilisation, récemment j'ai été sollicité à propos de "l'hôpital militaire sous la place des Halles" qui fait régulièrement l'objet de fantasme. L'auteur d'un article sur pokaa [archive] a eu l'intégrité de citer ses sources.

Les contributeurs du site ont plus l'habitude de voir leur travail réutilisé dans des articles de presse ou dans des travaux d'étudiants (à des niveaux d'études et de spécialités très larges).

Si je m’interroge dans cet éditorial c'est parce que l'on rencontrera de plus en plus souvent des enfants de 10 ans qui utiliserons internet pour leurs recherches scolaires.

Cela nous amène a nous demander comment produit-on une oeuvre, c'est à dire créé t-on un contenu en 2019 ?

D'abord et surtout en faisant ses recherches sur internet.

Cela nous donne une immense responsabilité quand à la qualité du contenu. Si un journaliste ou un étudiant est à même de critiquer, croiser ou d'approfondir ses recherches, un enfant lui ne le fait pas (encore).

La quête de la vérité est une tâche infini, c'est au contributeur d'être intègre dans ses recherches et de dire la ou commence le doute ou l'hypothèse.

de l’Éditeur à l'Algorithme

De plus en plus les sources internet vont être fréquente au détriment des sources conventionnelles (ouvrages, Archives, Inventaire du Patrimoine, média traditionnel etc). En soi ce n'est pas un problème à condition que la qualité des sources soit au rendez-vous. C'est le travail de l'éditeur papier dont le poids diminue au profit de l'auto-édition qui explose2, des blogs et autres sites d'avis.

Dans de nombreux domaines c'est de moins en moins les critiques des professionnels qui sont consultés mais celle des particuliers / amateurs / passionnés / blogueurs. On le voit pour le cinéma, les restaurants, les voyages, les jeux vidéos, etc. les sites d'avis en tout genre pullulent. Les frontières entre travail et loisir, entre la vie professionnelle et vie privée, sont de plus en plus flou, certains auteurs y voient les signes de la fin du travail3.

Dans le domaine culturel et du patrimoine qui nous concerne la tendance est la même. Demain l'information sera de plus en plus sur internet (que ce soit sur Archi-Wiki ou ailleurs). Le rôle de l'éditeur traditionnel tend a être remplacé par :

  • la critique (avis) d'un grand nombre d'acteur (comme c'est le cas par exemple sur allo-ciné, sens-critique, babelio, tripadvisor etc). C'est la somme des critiques ou des avis sur une oeuvre qui en légitime la valeur. En étant d'accord ou pas avec une critique on influence sa légitimité (c'est le principe des "j'aime" / "je n'aime pas" ou dis autrement "je suis d'accord" / "je ne suis pas d'accord") avec une critique.
  • le nombre d'engagement c'est à dire de "like" "j'aime" ou "je n'aime pas une information", "partage". C'est le cas de site comme Youtube, facebook, etc
  • les wiki dont le contenu tend a s'améliorer avec le nombre d'édition (modification) et le nombre de contributeurs (qu'on penses à Wikipédia il y a 15 ans par rapport à aujourd'hui)

Finalement c'est un algorithme qui va faire qu'en analysant les avis, critiques, le nombre de consultation, de pages vues, partages, etc (les critères peuvent être infini) qu'une oeuvre va être légitimé et mise en avant.

C'est de moins en moins la pertinence d'un avis unique sur une oeuvre qui est la règle mais la multiplicité des avis. Le support numérique permets le passage de l'un au multiple. D'une voix unique (qui joue le rôle de censeur et fait la pluie et le beau temps) à l'intelligence collective.

L'algorithme c'est le robot industriel, celui qui automatise, facilite le travail, traite un grand volume de données, sans effort. L'algorithme peut être bien sur celui interne aux sites déjà cités (Youtube, Allociné etc) ou celui de Google et d'autres moteurs de recherche dont la finalité est d'afficher l'information la plus pertinente.

Il y a autant d'algorithme que de concepteur de robots. Derrière l'algorithme il y a toujours un humain ou le plus souvent des équipes de concepteurs. L'enjeu pour les concepteurs c'est que ce soit l'information la plus fiable qui ressorte. Qui irait consulté un site dont l'information n'est pas crédible ? Laissons ici de côté les sites dont l'humour, le cynisme ou la désinformation est le fond de commerce.

Pour simplifier aussi notre propos nous laissons de côté l'aspect commercial et publicitaire des sites qui influence l'affichage d'un contenu plutôt qu'un autre.

Paradoxe du savoir

Mais alors qu'elle est l'avenir du savoir, de l'éducation et des diplômes, si c'est de plus en plus les blogues qui servent de référence pour créer de l'information, des connaissances et plus généralement du contenu ?

Paradoxalement même si les sources conventionnelles sont de moins en moins consultés en volume (parce que les sites privés, l'autoédition, les blogues et réseaux sociaux ont explosés) la formation, l'érudition, le savoir, l'auto-critique, sont plus que jamais nécessaire.

Sur internet on trouve tout type de contenu et bien souvent le pire. Les algorithmes ne sont qu'un moyen de palier le fait que tout le monde peut écrire tout et n'importe quoi sur un blog ou un réseau social. Lorsqu'il n'y a plus le filtre de l'éditeur, du rédacteur en chef ou d'un correcteur, il faut se méfier de ce qu'on lit.

C'est bien d'ailleurs pourquoi les sites de qualités font appel au savoir des professionnels et au contenu conventionnelle, situé dans les ouvrages, aux archives ou sur les sites de l'inventaire du patrimoine (Mérimée, Gertrude, DRAC etc).

Support internet ou pas, la production d'une oeuvre n'est pas le fruit du hasard, elle fait l'objet de recherche en croisant les sources fiables.

Finalement c'est la façon de créer de la connaissance qui se modifie. Elle dépend moins d'un petit nombre d'acteur qu'un grand nombre dont chacun à son mot à dire (à tort ou à raison). Ce n'est pas tant la formation et les diplômes qui est remis en cause mais la façon dont le contenu est produit - de plus en plus informel.

D'un autre côté les contenus des sources officiels (institutionnels ou professionnels) sont de plus en plus en ligne (et elle le seront de plus en plus uniquement de façon immatériel), signe que la dématérialisation est un mouvement bilatéral.

Ainsi les contenus en ligne des Archives, Gertrude, Mérimée, BNU, Persée, Openedition, mais aussi des médias comme les DNA croissent de jour en jour et permettent aux utilisateurs d'être informé et aux créateurs de contenu non professionnel (blogueur, wiki, site d'avis etc), d'accéder à un contenu de qualité sans quitter leur ordinateur.

Exemple

Prenons un exemple:
Si quelqu'un cherche des informations sur le 19 Avenue de la Paix à Strasbourg, il y a de forte chance qu'il fasse sa recherche dans Google et tombes dans ce cas précis sur Archi-Wiki.

Lancer la recherche sur Google pour voir [archive].

C'est donc l'algorithme de Google (en tant que moteur de recherche) qui donne accès à ce résultat car il est le plus pertinent.

Malgré le fait qu'Archi-Wiki est un site non professionnel, c'est en utilisant des sources variés, dûment cités et de qualités (Ouvrages, Archives et conférence de l'inventaire du Patrimoine dans cet exemple) que le site parvient à être crédible. Ainsi son contenu est réutilisé ce sont les deux exemples de réutilisation que j'ai donné en introduction (recherche scolaire et blog).

Créer une oeuvre qui se reproduise

Le partage du contenu et plus largement des connaissances est un acte vertueux qui profite à tout le monde, tant aux utilisateurs qu'aux professionnels.

Internet offre la possibilité à chacun d'être son propre éditeur (un clic suffit pour publier).

Nous l'avons vu ce sont les algorithmes qui servent de filtre pour afficher l'information la plus pertinente.

L'information sur internet a une forte tendance à être diluée car on ne sait plus très bien si il s'agit d'un site de qualité ou non, ou d'une information professionnel ou non. La mise en page dynamique rend l'information plus complexe à analyser (à la différence d'un livre dont l'information est statique).

Dans le monde physique on fait toute de suite la différence entre un ouvrage, un bâtiment d'archives, une institution et une page web. On sait d'où vient l'information et quel valeur en attendre. Le monde physique implique une matérialité qui a un coût en terme de ressources naturels et financières ce qui fait qu'on ne publie pas et que l'on ne stock pas n'importe quoi. Sur internet ce coût existe mais le coût marginal tend vers zéro4 (ex: coût par nombre de consultation etc), il est donc, quand il est bien utilisé, infiniment moins coûteux que le monde matériel.

Quand on accède a un contenu sur internet il est beaucoup plus difficile de différencier ce qui provient d'une source sérieuse, professionnel et crédible ou d'un canular / désinformation / source douteuse. C'est pourquoi de nombreuses personnes se font avoir (pas seulement les enfants), surtout s'ils n'ont pas de connaissance particulière dans le domaine ou ils font leur recherche.

Quand la matérialité du contenu n'existe plus ou si peu (l'ouvrage est remplacé par l'habillage du site, c'est à dire sa forme) il est facile de tromper l'utilisateur. Un site web mal intentionné peut imiter la forme d'un site professionnel.

Le contenu (le fond) sur internet n'est de loin pas toujours un chef d'oeuvre... Il faut en permanence avoir l'esprit critique, croiser ses sources et les vérifier.

Si internet permet à chacun - et tant mieux - de créer son oeuvre il faut être extrêmement vigilant sur ce qu'on y lit.

L’imprimerie au XVème siècle aura permis la diffusion progressive du savoir. Avec internet à la fin du XXème siècle tout ceux qui était connecté pouvait écrire et publier. Le véritable enjeu aujourd'hui c'est d'être crédible et réutilisable. Aussi élaboré que soit les algorithmes, aussi nombreux qu'en soit les critères, ils ne remplacent pas la conscience du lecteur, sa perspicacité et son esprit critique.

Les bibliothèques et les institutions ont encore de nombreux contenus qui ne sont pas en ligne. Cela prendra encore plusieurs décennies avant que l'on ne trouve l'ensemble des contenus physiques en ligne. Au delà des coûts de numérisation c'est les barrières psychologiques ou universitaires (partager l'information, la rendre moins élitiste) qu'il faut dépasser. Même si la tendance d'une dématérialisation est forte, la vigilance doit l'être tout autant.

Oui à la création de contenu et d'oeuvre sur internet, mais en se basant sur des sources fiables et en les citant pour que le contenu soit réutilisable comme c'est le cas pour les oeuvres papiers. Le pouvoir de reproduction (et sa transcendance), qu'il soit matériel ou immatériel assure la pérennité de l'oeuvre et son universalité.

Fabien Romary
Fondateur d'Archi-Wiki

Références

  1. http://unistra.academia.edu/YannickMuller/CurriculumVitae [archive] consulté le 24/07/2019
  2. https://www.librinova.com/blog/2018/07/05/les-chiffres-cles-de-lautoedition/ [archive] consulté le 24/07/2019
  3. Voir par exemple : La fin du travail, Jeremy Rifkin, 1995
  4. Voir : La nouvelle société du coût marginal zéro, Jeremy Rifkin, 2016