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Difference between revisions of "Personne:Robert Fausser"

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Artiste peintre - muraliste
 
Artiste peintre - muraliste
  
Il est né le 27.11.1926 à Sélestat, fils d’Auguste Fausser, employé, de confession catholique, originaire de Strasbourg <ref>En remontant la lignée paternelle, on trouve deux aubergistes et marchands de vin de confession catholique, situés rue du Faubourg National, à Strasbourg, mais qui descendaient de citoyens protestants d’Entzheim exerçant le métier de cordonnier, et plus haut dans le temps encore d’habitants du village protestant d’Ofterdingen, en Bade-Wurtemberg. Cette origine bi-confessionnelle catholique et protestante et bi-culturelle française et allemande,  a peut-être constitué pour l’artiste une richesse de questionnement et d’ouverture, dont il n’avait peut-être même pas conscience, mais dont témoigne à coup sûr son « œuvre  religieuse » ainsi que sa créativité artistique hors du commun et des sentiers battus</ref>, et de Marthe Erica Havemann, née à Colmar, de confession  protestante <ref>Concernant cette ascendance colmarienne, on ne dispose pas de plus de renseignement</ref>.  
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Il est né le 27.11.1926 à Sélestat, fils d’Auguste Fausser, employé, de confession catholique, originaire de Strasbourg <ref>En remontant la lignée paternelle, on trouve comme grand-père et arrière grand-père de Robert Fausser deux aubergistes et marchands de vin de confession catholique, situés rue du Faubourg National, à Strasbourg, mais qui descendaient eux-mêmes de citoyens protestants d’Entzheim exerçant le métier de cordonnier, et plus haut encore dans le temps d’habitants du village protestant d’Ofterdingen, en Bade-Wurtemberg. Cette origine bi-confessionnelle catholique et protestante et bi-culturelle française et allemande,  a peut-être constitué pour l’artiste une richesse de questionnement et d’ouverture, dont il n’avait peut-être même pas conscience, mais dont témoigne à coup sûr son « œuvre  religieuse » ainsi que sa créativité artistique hors du commun et des sentiers battus. Site Geneanet : https://gw.geneanet.org/whelmlinger_w?lang=fr&m=S&n=fausser&p=, consulté le 13/07/2019</ref>, et de Marthe Erica Havemann, née à Colmar, de confession  protestante <ref>Concernant cette ascendance colmarienne, on ne dispose pas de plus de renseignement</ref>.  
  
 
Il est décédé le 18.2.2005.  
 
Il est décédé le 18.2.2005.  
  
Il a étudié à l’Ecole des Arts Décoratifs de Strasbourg, dont il sort diplômé en 1946 ou 1948 (selon les sources<ref>Le dictionnaire de Franck Storne donne 1948, mais la plaquette d'invitation à l'exposition du cloître de Saint-Pierre-le-Jeune, sans doute rédigée par Robert Fausser lui-même, donne 1946)</ref>.  
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Il a étudié à l’Ecole des Arts Décoratifs de Strasbourg, dont il sort diplômé en 1946 ou 1948 (selon les sources)<ref>Le dictionnaire de Franck Storne donne 1948, mais la plaquette d'invitation à l'exposition du cloître de Saint-Pierre-le-Jeune, sans doute rédigée par Robert Fausser lui-même, donne 1946</ref>.  
  
En 1953, il est artiste peintre et il réside au n° 2, rue de la Krutenau, comme son père Auguste Fausser, qui était un employé <ref>Annuaire d’adresses de l’année 1953 en ligne</ref>.  Par la suite, l’artiste a vécu avec sa famille au n° 9, rue des garde-Forestiers, à la Cité des Chasseurs, Robertsau<ref name="Lotz">Maître François Lotz : Artistes peintres d’Alsace vivant et oeuvrant à la date du 1er janvier 1982, Editions Printek, Kaysersberg, 1985, page 93</ref>.  
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En 1953, il est artiste peintre et il réside au n° 2, rue de la Krutenau, comme son père Auguste Fausser, qui était un employé <ref>Annuaire d’adresses de l’année 1953 en ligne</ref>.  Par la suite, l’artiste a d'abord vécu avec sa famille au n° 9, rue des Garde-Forestiers, à la Cité des Chasseurs, Robertsau<ref name="Lotz">Maître François Lotz : Artistes peintres d’Alsace vivant et oeuvrant à la date du 1er janvier 1982, Editions Printek, Kaysersberg, 1985, page 93</ref>.  
  
 
Sa première exposition a lieu en 1955 à la Galerie Landwerlin, à Strasbourg, et il participera ensuite à quantité d’expositions individuelles et collectives en Alsace, en Allemagne et à Paris.
 
Sa première exposition a lieu en 1955 à la Galerie Landwerlin, à Strasbourg, et il participera ensuite à quantité d’expositions individuelles et collectives en Alsace, en Allemagne et à Paris.
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Il a aussi réalisé des projets de vitraux, des tapis muraux, des peintures à l’acrylique, des gouaches, des laques sur bois, des batiks, des dessins, des sérigraphies <ref name="Lotz" />.
 
Il a aussi réalisé des projets de vitraux, des tapis muraux, des peintures à l’acrylique, des gouaches, des laques sur bois, des batiks, des dessins, des sérigraphies <ref name="Lotz" />.
  
Ses vitraux, peintures et fresques se trouvent dans les églises de Mittelbergheim, Andolsheim, Horbourg, Mietesheim<ref>D’après un renseignement oral du pasteur Jean Claude Hutchen, cette fresque aurait été détruite depuis lors et sans doute remplacée par un autre décor, au grand dam d’un paroissien qui rappelait qu’il avait vendu une vache pour la financer, et dont le dessin ressemblait en tous points au dessin des vitraux de l’église du Neudorf, selon J.Cl. Hutchen</ref>, Waldhambach, Engwiller, Strasbourg-Neudorf (1962) <ref>Les onze vitraux de l’église protestante de Strasbourg-Neudorf constituent une œuvre de jeunesse de Robert Fausser, puisqu’il n'est âgé que de 35 ans lorsqu’ils sont réalisés par le maître-verrier V. Bischoff, en 1961.  A noter le va-et vient très réussi, et à peine perceptible,  entre l’art abstrait (2 vitraux) et l’art figuratif (9 vitraux). Les couleurs sont à tous points de vue magnifique et le dessin d’une grande qualité et d’une grande  maîtrise , pleine de pudeur, en même temps que de profondeur, d’expression concrète et de symbolisme mystique </ref>. Il a aussi conçu le panneau mural de la Caisse d’assurance vieillesse à Strasbourg (1974) <ref name="Storne" />.
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Ses vitraux, peintures et fresques se trouvent dans les églises de Mittelbergheim, Andolsheim, Horbourg, Mietesheim<ref>D’après un renseignement oral du pasteur Jean Claude Hutchen, cette fresque, dont le dessin ressemblait en tous points au dessin des vitraux de l’église du Neudorf,  aurait été détruite depuis lors et sans doute remplacée par un autre décor, au grand dam d’un paroissien qui rappelait qu’il avait vendu une vache pour la financer...</ref>, Waldhambach <ref>Site des temples ou églises luthériennes de France , où l'on peut lire que "les  vitraux datent de 1967-1968" et "représentent la naissance, la transfiguration, la crucifixion et la résurrection du Christ, avec des grandes lignes dynamiques et des couleurs chaudes" : http://fleury2.free.fr/temples/temples/waldhambach.htm, consulté le 12/07/2019</ref>, Engwiller (en réalité, il s’agit sans doute d’une erreur du dictionnaire de Franck Storne, et la localité est-elle plutôt Eywiller) <ref name= "Protestants">« Protestants d’Alsace et de Moselle », éditions Oberlin / Saep, 2006 :  Dans l’église protestante d’Eywiller, on trouve en effet des « ''vitraux réalisés par les ateliers Bischoff de Strasbourg selon des œuvres de l’artiste peintre Robert Fausser en 1955 (qui) ont l’ange comme thème commun, ce qui est rare pour une église protestante. L’archange Michaël terrasse le dragon. L’archange Raphaël accompagne Tobit. L’archange Gabriel visite Marie. L’ange de Pâques annonce le Christ ressuscité. Ainsi la communauté célébrante est en communion avec les bienfaisantes créatures'' » (page 50). Et selon Gustave Koch, dans la nef de l'église protestante de Scharrarbergheim "''ont également été ajoutés en 1950 par le peintre muraliste Robert Fausser six petites fresques en ocre gris-bleu, représentant différents thèmes bibliques''" (page 134)</ref>, Strasbourg-Neudorf <ref>Les onze vitraux de l’église protestante de Strasbourg-Neudorf constituent une œuvre de jeunesse de Robert Fausser, puisqu’il n'est âgé que de 35 ans lorsqu’ils sont réalisés par le maître-verrier V. Bischoff, en 1961.  A noter le va-et vient très réussi, et à peine perceptible,  entre l’art abstrait (2 vitraux) et l’art figuratif (9 vitraux). Les couleurs sont à tous points de vue magnifiques et le dessin d’une grande qualité et d’une grande  maîtrise , pleine de pudeur en même temps que de profondeur, d’expression concrète et de symbolisme mystique </ref>, et Scharrarbergheim <ref name= "Protestants"/>. Robert Fausser a aussi conçu le panneau mural de la Caisse d’assurance vieillesse à Strasbourg (1974) <ref name="Storne" />.
  
 
Il a été professeur de dessin (1954-1970) aux lycées de Sarreguemines, Molsheim et Strasbourg (Fustel-de-Coulanges). A l’Ecole d’architecture de Strasbourg, il a enseigné l’expression plastique de 1974 à 1988 <ref name="Storne" />.
 
Il a été professeur de dessin (1954-1970) aux lycées de Sarreguemines, Molsheim et Strasbourg (Fustel-de-Coulanges). A l’Ecole d’architecture de Strasbourg, il a enseigné l’expression plastique de 1974 à 1988 <ref name="Storne" />.
  
Gabriel Andrès le décrivait comme un « esprit généreux et exubérant, ouvert à toutes les tendances de l’art (et qui) a prouvé qu’entre le figuratif et l’abstrait les différences sont parfois infimes et qu’un artiste intelligent devrait être capable de les franchir sans se renier soi-même » (« L’art contemporain en Alsace depuis 1950 », in Saisons d’Alsace, 1973) <ref name="Lotz" />.
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Gabriel Andrès le décrivait comme un « ''esprit généreux et exubérant, ouvert à toutes les tendances de l’art (et qui) a prouvé qu’entre le figuratif et l’abstrait les différences sont parfois infimes et qu’un artiste intelligent devrait être capable de les franchir sans se renier soi-même'' » (« L’art contemporain en Alsace depuis 1950 », in Saisons d’Alsace, 1973) <ref name="Lotz" />.
  
On mentionnera encore une série de tableaux illustrant des scènes de la vie du Christ, qui ont été exposés du 13 au 22 juin 1997 au cloître de l’église protestante luthérienne Saint-Pierre-le-Jeune à Strasbourg. Robert Fausser avait écrit à cette occasion un avertissement subtil au visiteur. L’image du carton d’invitation représentait la scène de la guérison d’une femme souffrant d’hémorragie depuis 12 ans, guérie après simplement touché Jésus.  
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On mentionnera encore une série de tableaux illustrant des scènes de la vie du Christ, qui ont été exposés du 13 au 22 juin 1997 au cloître de l’église protestante luthérienne Saint-Pierre-le-Jeune à Strasbourg. Robert Fausser avait écrit à cette occasion un avertissement subtil au visiteur. L’image du carton d’invitation représentait la scène de la guérison d’une femme souffrant d’hémorragie depuis 12 ans, guérie après avoir simplement touché Jésus.  
  
Ces tableaux ont par la suite été prêtés à l’église protestante réformée Saint-Paul à Strasbourg, où il ont été exposés pendant des années. D’après une publicité en ligne, on apprend enfin que ces tableaux ont été légués depuis lors au Centre spirituel Jésuite de Penboc’h, en Bretagne, et qu’ils ont fait l’objet d’un ouvrage publié récemment sous la direction de Bruno Régent, s. j. <ref>Publicité pour l’ouvrage « Chemin spirituel », de Bruno Régent,  « à l’écoute des tableaux de Robert Fausser » : https://www.editionsjesuites.com/fr/livre-un-chemin-spirituel-2004.html, consulté le 09/07/2019</ref>.  
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Ces tableaux, ou au moins une partie d'entre eux,  ont par la suite été offerts à l’église protestante réformée Saint-Paul à Strasbourg, où il ont été exposés pendant des années. Enfin, on apprend d’après une publicité en ligne, que ces tableaux ont été depuis lors légués au Centre spirituel Jésuite de Penboc’h, en Bretagne, et qu’ils ont fait l’objet d’un ouvrage publié récemment sous la direction de Bruno Régent, s. j. <ref>Publicité pour l’ouvrage « Chemin spirituel », de Bruno Régent,  « à l’écoute des tableaux de Robert Fausser » : https://www.editionsjesuites.com/fr/livre-un-chemin-spirituel-2004.html, consulté le 09/07/2019. D'après cette source, Robert Fausser "était de confession réformée" (même s'il ) "n'était pas un ''chrétien pratiquant'', mais il avait la foi et il aimait la Bible"</ref>.  
  
Ce parcours spirituel  « oecuménique » n’étonnera pas l’admirateur de l’œuvre de Robert Fausser. Mais il faut cependant se garder, à notre avis, de classer la créativité de Robert Fausser dans le seul champ religieux. Même s’il était essentiel pour lui, car relevant d’exigences éthiques d’une portée universelle, Robert Fausser était en effet un artiste complet, ce dont témoigne en particulier ses talents de muraliste, malheureusement difficiles à mesurer aujourd’hui en raison du peu de pérennité de ce type d’œuvre.   
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Ce destin spirituel  « oecuménique » n’étonnera pas l’admirateur de l’œuvre de Robert Fausser. Mais il faut cependant se garder, à notre avis, de classer la créativité de Robert Fausser dans le seul champ religieux. Même s’il était essentiel pour lui, car relevant d’exigences éthiques d’une portée universelle, Robert Fausser était en effet un artiste complet, ce dont témoigne en particulier ses talents de muraliste, malheureusement difficiles à mesurer aujourd’hui en raison du peu de pérennité de ce type d’œuvre.   
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Signalons enfin, pour conclure, que Robert Fausser était également un membre actif du « Café Philo de Strasbourg », sur le site duquel on peut lire un texte lui rendant un vibrant hommage après sa mort en 2005<ref>Site du Café Philo de Strasbourg  : https://www.philousophe.com/divers, consulté le 16/09/2019</ref>.
  
 
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Latest revision as of 21:17, 15 October 2019

Image principale
Date de naissance 27 novembre 1926
Date de décès 18 février 2005
Métier artiste peintre


Biographie

Artiste peintre - muraliste

Il est né le 27.11.1926 à Sélestat, fils d’Auguste Fausser, employé, de confession catholique, originaire de Strasbourg 1, et de Marthe Erica Havemann, née à Colmar, de confession protestante 2.

Il est décédé le 18.2.2005.

Il a étudié à l’Ecole des Arts Décoratifs de Strasbourg, dont il sort diplômé en 1946 ou 1948 (selon les sources)3.

En 1953, il est artiste peintre et il réside au n° 2, rue de la Krutenau, comme son père Auguste Fausser, qui était un employé 4. Par la suite, l’artiste a d'abord vécu avec sa famille au n° 9, rue des Garde-Forestiers, à la Cité des Chasseurs, Robertsau5.

Sa première exposition a lieu en 1955 à la Galerie Landwerlin, à Strasbourg, et il participera ensuite à quantité d’expositions individuelles et collectives en Alsace, en Allemagne et à Paris.

Il est par ailleurs membre de groupes artistiques avant-gardistes de la peinture artistique alsacienne, notamment du « Groupe des Douze ». Il est également le fondateur du groupe « Le Prisme » 6.

Il est un spécialiste de la peinture murale, et ses fresques décoraient des immeubles de Strasbourg, mais elles ont, semble-t-il, toutes disparu ou ont été remplacées aujourd’hui (François Lotz les situait - rue Calvin, à côté de l’église Saint-Guillaume, - rue Boecklin, tout près de la rue des Jardiniers, à la Robertsau, -dans la cour du Bleihof, rue des Orfèvres, - place Saint-Nicolas-Aux-Ondes, - rue du Bain-aux-Plantes) 5.

Il a aussi réalisé des projets de vitraux, des tapis muraux, des peintures à l’acrylique, des gouaches, des laques sur bois, des batiks, des dessins, des sérigraphies 5.

Ses vitraux, peintures et fresques se trouvent dans les églises de Mittelbergheim, Andolsheim, Horbourg, Mietesheim7, Waldhambach 8, Engwiller (en réalité, il s’agit sans doute d’une erreur du dictionnaire de Franck Storne, et la localité est-elle plutôt Eywiller) 9, Strasbourg-Neudorf 10, et Scharrarbergheim 9. Robert Fausser a aussi conçu le panneau mural de la Caisse d’assurance vieillesse à Strasbourg (1974) 6.

Il a été professeur de dessin (1954-1970) aux lycées de Sarreguemines, Molsheim et Strasbourg (Fustel-de-Coulanges). A l’Ecole d’architecture de Strasbourg, il a enseigné l’expression plastique de 1974 à 1988 6.

Gabriel Andrès le décrivait comme un « esprit généreux et exubérant, ouvert à toutes les tendances de l’art (et qui) a prouvé qu’entre le figuratif et l’abstrait les différences sont parfois infimes et qu’un artiste intelligent devrait être capable de les franchir sans se renier soi-même » (« L’art contemporain en Alsace depuis 1950 », in Saisons d’Alsace, 1973) 5.

On mentionnera encore une série de tableaux illustrant des scènes de la vie du Christ, qui ont été exposés du 13 au 22 juin 1997 au cloître de l’église protestante luthérienne Saint-Pierre-le-Jeune à Strasbourg. Robert Fausser avait écrit à cette occasion un avertissement subtil au visiteur. L’image du carton d’invitation représentait la scène de la guérison d’une femme souffrant d’hémorragie depuis 12 ans, guérie après avoir simplement touché Jésus.

Ces tableaux, ou au moins une partie d'entre eux, ont par la suite été offerts à l’église protestante réformée Saint-Paul à Strasbourg, où il ont été exposés pendant des années. Enfin, on apprend d’après une publicité en ligne, que ces tableaux ont été depuis lors légués au Centre spirituel Jésuite de Penboc’h, en Bretagne, et qu’ils ont fait l’objet d’un ouvrage publié récemment sous la direction de Bruno Régent, s. j. 11.

Ce destin spirituel « oecuménique » n’étonnera pas l’admirateur de l’œuvre de Robert Fausser. Mais il faut cependant se garder, à notre avis, de classer la créativité de Robert Fausser dans le seul champ religieux. Même s’il était essentiel pour lui, car relevant d’exigences éthiques d’une portée universelle, Robert Fausser était en effet un artiste complet, ce dont témoigne en particulier ses talents de muraliste, malheureusement difficiles à mesurer aujourd’hui en raison du peu de pérennité de ce type d’œuvre.

Signalons enfin, pour conclure, que Robert Fausser était également un membre actif du « Café Philo de Strasbourg », sur le site duquel on peut lire un texte lui rendant un vibrant hommage après sa mort en 200512.

Adresses liées

Références

  1. En remontant la lignée paternelle, on trouve comme grand-père et arrière grand-père de Robert Fausser deux aubergistes et marchands de vin de confession catholique, situés rue du Faubourg National, à Strasbourg, mais qui descendaient eux-mêmes de citoyens protestants d’Entzheim exerçant le métier de cordonnier, et plus haut encore dans le temps d’habitants du village protestant d’Ofterdingen, en Bade-Wurtemberg. Cette origine bi-confessionnelle catholique et protestante et bi-culturelle française et allemande, a peut-être constitué pour l’artiste une richesse de questionnement et d’ouverture, dont il n’avait peut-être même pas conscience, mais dont témoigne à coup sûr son « œuvre religieuse » ainsi que sa créativité artistique hors du commun et des sentiers battus. Site Geneanet : https://gw.geneanet.org/whelmlinger_w?lang=fr&m=S&n=fausser&p= [archive], consulté le 13/07/2019
  2. Concernant cette ascendance colmarienne, on ne dispose pas de plus de renseignement
  3. Le dictionnaire de Franck Storne donne 1948, mais la plaquette d'invitation à l'exposition du cloître de Saint-Pierre-le-Jeune, sans doute rédigée par Robert Fausser lui-même, donne 1946
  4. Annuaire d’adresses de l’année 1953 en ligne
  5. a, b, c et d Maître François Lotz : Artistes peintres d’Alsace vivant et oeuvrant à la date du 1er janvier 1982, Editions Printek, Kaysersberg, 1985, page 93
  6. a, b et c Dictionnaire de Franck Storne, in "Des Beaux-Arts à l'Université. Enseigner l'architecture à Strasbourg", 2013 Ensas, page 291
  7. D’après un renseignement oral du pasteur Jean Claude Hutchen, cette fresque, dont le dessin ressemblait en tous points au dessin des vitraux de l’église du Neudorf, aurait été détruite depuis lors et sans doute remplacée par un autre décor, au grand dam d’un paroissien qui rappelait qu’il avait vendu une vache pour la financer...
  8. Site des temples ou églises luthériennes de France , où l'on peut lire que "les vitraux datent de 1967-1968" et "représentent la naissance, la transfiguration, la crucifixion et la résurrection du Christ, avec des grandes lignes dynamiques et des couleurs chaudes" : http://fleury2.free.fr/temples/temples/waldhambach.htm [archive], consulté le 12/07/2019
  9. a et b « Protestants d’Alsace et de Moselle », éditions Oberlin / Saep, 2006 : Dans l’église protestante d’Eywiller, on trouve en effet des « vitraux réalisés par les ateliers Bischoff de Strasbourg selon des œuvres de l’artiste peintre Robert Fausser en 1955 (qui) ont l’ange comme thème commun, ce qui est rare pour une église protestante. L’archange Michaël terrasse le dragon. L’archange Raphaël accompagne Tobit. L’archange Gabriel visite Marie. L’ange de Pâques annonce le Christ ressuscité. Ainsi la communauté célébrante est en communion avec les bienfaisantes créatures » (page 50). Et selon Gustave Koch, dans la nef de l'église protestante de Scharrarbergheim "ont également été ajoutés en 1950 par le peintre muraliste Robert Fausser six petites fresques en ocre gris-bleu, représentant différents thèmes bibliques" (page 134)
  10. Les onze vitraux de l’église protestante de Strasbourg-Neudorf constituent une œuvre de jeunesse de Robert Fausser, puisqu’il n'est âgé que de 35 ans lorsqu’ils sont réalisés par le maître-verrier V. Bischoff, en 1961. A noter le va-et vient très réussi, et à peine perceptible, entre l’art abstrait (2 vitraux) et l’art figuratif (9 vitraux). Les couleurs sont à tous points de vue magnifiques et le dessin d’une grande qualité et d’une grande maîtrise , pleine de pudeur en même temps que de profondeur, d’expression concrète et de symbolisme mystique
  11. Publicité pour l’ouvrage « Chemin spirituel », de Bruno Régent, « à l’écoute des tableaux de Robert Fausser » : https://www.editionsjesuites.com/fr/livre-un-chemin-spirituel-2004.html [archive], consulté le 09/07/2019. D'après cette source, Robert Fausser "était de confession réformée" (même s'il ) "n'était pas un chrétien pratiquant, mais il avait la foi et il aimait la Bible"
  12. Site du Café Philo de Strasbourg  : https://www.philousophe.com/divers [archive], consulté le 16/09/2019

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