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Monument funéraire de Thiébaut Lienhart

Date environ 1831
Sculpteur André Friederich

Le monument funéraire du vicaire général Thiébaut Lienhart est remarquable par la stèle sculptée par André Friederich, dans les années 1830.

Celle-ci représente une allégorie de l’Eglise, qui maintient debout une croix avec sa main gauche, et serre une branche de laurier de sa main droite, au-dessus d’un petit monument supportant livres et parchemin enroulés, rappelant l’érudition du défunt. Une tiare pontificale est posée aux pieds du personnage1.

Cette sculpture est heureusement très bien conservée, contrairement au texte funéraire de moins en moins lisible. Le défunt Thiébaut Lienhart était né le 31.8.1765 à Truchtersheim, fils de Valentin Lienhart, cultivateur et maire de Truchtersheim et de Catherine Wack.

Il est décédé le 22.3.1831 à Strasbourg, âgé de 65 ans, au "31, rue de la Rape", décrit comme Chanoine de la Cathédrale de Strasbourg, Chanoine honoraire de St-Denis, ancien Vicaire général et Supérieur du Séminaire de Strasbourg. Les témoins à son décès étaient George Lienhart, 25 ans, propriétaire, neveu du défunt,, et Jean Michel Lorentz, 24 ans, étudiant en théologie, voisin du défunt2

Après des études secondaires au collège épiscopal de Molsheim, il entra chez les Bénédictins de Marmoutier. Il fut ordonné en 1790 à Strasbourg. Son nom fut lié à l’enseignement de la théologie, et il fut vicaire général de 1813 à 1827, devenant l’homme fort du diocèse à cette époque. Il publia également plusieurs ouvrages de théologie, qui connurent un succès certain. Brisé en 1830 par une disgrâce aux motifs obscurs, il décéda à peine un an après3.

Monument funéraire de Louis Henri Perrin

Date environ 1838

Dans la section n° 3 du cimetière Saint-Urbain, on trouve, bien en vue au croisement des allées, un grand monument de style néo-classique, au fronton décoré d’acrotères à palmettes imitées des temples antiques1.

Il s’agit de la tombe de l’architecte Louis Henri Perrin, et on peut penser, mais cela est à confirmer, que ce monument date de sa mort en 1838, érigé par sa veuve Marguerite Magnus, qui a sans doute tenu à exprimer ici la force de l’amour qui la liait à son époux, par les deux mains entrelacées sculptées, placées au bas du monument, sous le nom de défunt.

On est frappé en effet qu’aucun autre nom n’a été gravé au cours du temps sur cette face du monument où est gravé le nom de l’architecte. Marguerite Magnus y sera elle-même ensevelie en 1880, donc 42 ans plus tard. Son nom est gravé sur une face latérale du monument, avec les dates de sa naissance et de sa mort, ainsi qu’un verset biblique. Ce détail n’est pas anodin, sachant qu’elle (et probablement également son mari) était de confession protestante.

On ne peut d’ailleurs que constater l’absence d’autre symbole religieux, ce qui peut éventuellement s’interpréter comme un projet délibéré d’inspiration calviniste. Le peintre abstrait Mondrian qui avait grandi dans un strict milieu calviniste néerlandais disait, paraît-il : « Si on ne représente pas les choses, il reste de la place pour le divin »…Certes, le style antiquisant du monument témoigne à coup sûr des goûts du défunt pour cette période de l’histoire de l’art4.

On notera encore qu’on trouve également gravé le nom d’Albert Théodore Albert Perrin (1816-1872) sur une face latérale de la tombe. Celui-ci était un fils de Louis Henri Perrin et Marguerite Magnus, et, sans pouvoir l’affirmer, il est fort probable qu’il a très probablement fondé avec son frère Charles Henri Perrin (1815 - 1899), l’entreprise : « Perrin frères, architectes, entrepreneurs en tous genres, quai aux Fleurs 28 ». (Annuaire de 1854)

Avant de conclure, il faut encore corriger une erreur commise par notre source, qui dédie cette tombe à l’architecte des Hospices Civils de Strasbourg. Or ce dernier, à savoir Henri François Perrin (1819-1888) s’est éteint bien plus tard, il était de confession catholique et sans lien de famille de prime abord avec Louis Henri Perrin1.

Comme on peut le constater, ce monument est lié de près à l’histoire de l’architecture à Strasbourg.

Monument funéraire de Charles Schulmeister

Date 1853

La tombe de Charles Schulmeister (1770-1853), célèbre pour sa carrière d’espion à la solde de Napoléon 1er, est une simple dalle à bordure sculptée. De part et d’autre, se trouvent les monuments de ses beaux-parents. On trouvera plus de renseignements sur ce personnage hors du commun en cliquant sur le lien interne qui est proposé ci-dessus.

La tombe se trouve dans la section n°5, située dans une position moyenne à gauche de l’entrée du cimetière1.

Monument funéraire de Joseph Achon

Date 1855
Sculpteur André Friederich

Monument en forme de croix en tronc d’arbre, associée à des attributs ecclésiastiques et des symboles de la mort (bougie brisée éteinte) 1.

Ce monument est l’œuvre du sculpteur et statuaire André Friederich (1798-1877), qui déploie ici, avec un luxe de détails impressionnant, tous les symboles et attributs ecclésiastiques d’un grand prélat strasbourgeois, aujourd’hui oublié.

Joseph Achon fut prédicateur de la cathédrale et vicaire général du diocèse de Strasbourg. Né le 4.4.1804 à Fribourg (Suisse), il est décédé le 18.2.1855 à Strasbourg, à l’âge de 50 ans et 10 mois, d’une « apoplexie foudroyante », au n° 22 rue des Veaux2.

Après avoir fréquenté le collège des Jésuites à Fribourg, il avait étudié au Grand Séminaire de Strasbourg (1824-1827). Ordonné en 1827 (Diocèse de Strasbourg), il a été professeur, et en particulier d’homélitique du Grand Séminaire. Prédicateur célèbre à la cathédrale de Strasbourg (1830-1835) (ses sermons et discours ont été publiés en trois tomes après sa mort), il a été vicaire général du diocèse de Strasbourg (1834-1855)5.

Monument aux Morts de 1870

Date 1870

Grand monument en grès en forme de sarcophage, entouré de cyprès, qui commémore le décès de 128 soldats français tombés au cours du siège de Strasbourg en 1870 (ce siège fit de très nombreux morts, tant parmi l’armée que dans la population civile) 1.

Chapelle de la Croix

Date 1875

Cette chapelle a une très longue histoire qui est relatée dans le guide cité en source, et dont on reproduira presque in extenso le texte ci-dessous :

La première chapelle avait été construite en 1439 sur la colline de Lingolsheim à côté de trois croix du Golgotha érigées par Eberhard de Landsberg à son retour de Terre Sainte, flanquée des restes d’un chemin de croix. Consacrée en 1458, l’ensemble devint un lieu de pèlerinage.

Suite à l’introduction de la Réforme, il fut oublié jusqu’en 1739. Ferdinand de Landsberg le réactiva alors et lui adjoignit sept stations d’un chemin de croix.

Puis, à la Révolution, la chapelle et les trois croix furent détruites. Après la Révolution, l’abbé Simon-Ferdinand Muhe, échouant à remettre le pèlerinage en état, les ruines en furent alors transférées dans l’enceinte du cimetière Saint-Urbain, où on reconstruisit une chapelle, qui fut, une nouvelle fois , détruite en 1870.

La chapelle actuelle fut reconstruite en 1875, grâce à des donateurs de la Paroisse Sainte-Madeleine et le pèlerinage reprit vie jusqu’à la seconde guerre mondiale, puis à nouveau dans les années 1950.

La chapelle fut rénovée en 1964. On précisera encore qu’une valorisation du monument et de son environnement, ainsi que la restauration de la croix due au sculpteur Vallastre, étaient en cours de réalisation lors de l’édition du guide cité (2007). Actuellement, cet ensemble est censé avoir retrouvé sa dimension initiale

L’ensemble décrit ci-dessus se trouve dans la section n°7, située tout de suite à gauche de l’entrée du cimetière 1.

Monument funéraire de Louis Schutzenberger

Date 1887

Le monument funéraire du brasseur Louis Schutzenberger (1802-1887) se trouve au sein d’un vaste enclos familiaL Le monument lui-même est de forme cubique. Il est orné d’une draperie symétrique et surmonté d’une urne décorée de lierre1.

Louis Schutzenberger est né le 14 mai 1802 à Strasbourg, « rue des maisons rouges, n° 21 » (aujourd’hui rue du Général Zimmer), fils de Georges Frédéric Schutzenberger (1772-1853), brasseur à La Patrie, et de Marie Madeleine Laemermann. Il était donc un frère de Georges Frédéric Schutzenberger (1799-1859), maire de Strasbourg, député du Bas-Rhin, professeur d’Université.

Le brasseur Louis Schutzenberger, à qui le monument cubique rend hommage, a pris la suite de son aïeul et de son père à la direction de la brasserie, qui se trouvait rue des Balayeurs, à la Krutenau. Il lui apporta des innovations et des perfectionnements techniques permettant le transport et l’exportation, et transforma ainsi l’entreprise en un vaste établissement industriel, qui fut transféré en 1866 rue de la Patrie , à Schiltigheim.

Il est décédé le 30 janvier 1887 à Strasbourg, âgé de 84 ans, au n° 3, rue des Balayeurs (Feggasse 3) 2.

Monument funéraire de Pantaléon Mury

Date 1891

Monument avec un décor architecturé néoroman à sa base, et avec la représentation de la coupe d'une église gothique dans sa partie haute, au toit surmonté de deux couronnes de roses. On notera que le monument ne semble pas avoir bénéficié d’un soin particulier, malgré la notoriété de la personne inhumée. Le monument était-il initialement pourvu d’une croix ? Il est impossible de le dire, en l’absence d’indices allant dans ce sens.

Ce monument conserve la mémoire d’un prêtre, ayant eu une activité journalistique, puisqu’il fonda la Revue catholique d’Alsace en 1859. Nommé supérieur du petit séminaire de Strasbourg en 1866, il continua son activité. Mais, animé de sentiments patriotiques, il fit cesser la parution de la revue dès le siège de Strasbourg en 1870. En 1874, il fut mis à pied, car il avait refusé l’inspection du petit séminaire de Strasbourg, sur ordre épiscopal, par l’administration allemande et en 1877, il refusa de rencontrer l’empereur Guillaume 1er lors de sa visite à Strasbourg6.

Jean Pantaléon Antoine Mury était né hors mariage le 27 juin 1819 à Strasbourg, au n° 24 (actuel n° 21), rue de l’Ecrevisse , fils de Pantaléon Mury, écrivain, originaire de Gueberschwihr (68), qui reconnaît la paternité, et de Marie Joséphine Doroschinsky. Ceux-ci légitiment ensuite l’enfant par leur mariage en date du 17 août 1819.

Pantaléon Mury est décédé le 25 août 1891 au n° 11, rue de la Toussaint (Allerheiligegasse 11), âgé de 72 ans, le déclarant de son décès étant une sœur du Foyer de la Toussaint (Ordenschwester im Allerheiligenstift)2. Sa bibliothèque de 5000 volumes fut acquise par l’abbé Gény pour le compte de la Bibliothèque humaniste de Sélestat6

On trouve une rue Pantaléon Mury au Quartier des Quinze à Strasbourg.

Monument Alfred et Joséphine Curot

Date 1888 à 1893

Très belle croix ajourée et stylisée ornant de façon monumentale la tombe d'Alfred et de Joséphine Curot.

Alfred Curot est décédé le 27 septembre 1888 à Strasbourg, au n° 13, rue des Charpentiers, où il était né le 14 août 1836, fils de Pierre Curot, restaurateur, et de Marie Florence2.

Son épouse Joséphine Curot née Simon est décédée quelques années plus tard, le 24 avril 1893, mais le décès n’est pas à trouver à Strasbourg. Elle était originaire de Lapoutroie, dans le Haut-Rhin, et fille d’un greffier de Justice7.

On peut lire sur le texte funéraire les mots suivants de l’épouse à son mari :

« Au revoir, mon ami, toi qui fis mon bonheur,

Au revoir, cher époux, dans un monde meilleur ».

Monument Albert Hirtzlin

Date 1909
Sculpteur Albert Schultz

Une belle œuvre d’Abert Schultz peut être admirée dans la section n° 14 du cimetière , ornant le monument funéraire d’Albert Hirtzlin (1853-1909) : une haute stèle en granite noir poli, est en effet adoucie par la présence d’un personnage féminin grandeur nature assis contre le monument. Cette femme, drapée dans un ample vêtement et le visage voilé, tient une couronne végétale ; elle symbolise le deuil et la douleur de l’absence1. Cette œuvre, produite, semble-t-il à Stuttgart, est signée par Albert Schultz.

Le défunt était le négociant Albert Hirtzlin, né le 11.5.1853 à Durlinsdorf (Haut-Rhin), fils de charpentier, et décédé le 2 février 1909 à Strasbourg à l'âge de 55 ans, époux de Clémentine Eberlé, qui a sans doute été à l'origine de cette belle commande à Albert Schultz. Albert Hirtzlin était de confession catholique, et habitait au n° 72, allée de la Robertsau, dont il était propriétaire depuis 19012.

Monument funéraire de la famille Bowé

Date environ 1910

Le monument funéraire de la famille Bowé, qui date du début du 20 e siècle, a la particularité d’être entièrement réalisé en un métal imitant le bronze, ce qui n’est pas étonnant quand on sait que le membre le plus connu de cette famille, Philippe Bowé (1850-1905), était dirigeant d’une importante fonderie, à Strasbourg Neudorf.

On remarquera le riche décor végétal de lierre et de roses ornant le fronton, ainsi que les bouquets de capsules de pavot décorant la base. Une urne drapée à masques égyptisants couronne le monument.

La tombe se trouve dans la section n°2, située au fond du cimetière, au milieu de sa partie médiane gauche1.

Références

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Guide des cimetières n° 1 de la Ville de Strasbourg, 2007, Strasbourg-Neudorf, Cimetière Saint-Urbain
  2. a, b, c, d, e et f Etat-civil numérisé du Bas-Rhin-Adeloch
  3. Claude Muller, in Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne n° 24, page 2370
  4. Jérôme Cottin : « La mystique de l’art, Art et christianisme de 1900 à nos jours », 2008, éd. Cerf, page 98
  5. Jean-Paul Blatz et Joseph Muller, in Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne n° 1, pages 12 et 13. A noter que ces auteurs donnent comme lieu de naissance « Lausanne », alors que l’acte de décès, ainsi que le texte funéraire de la tombe donne « Fribourg »
  6. a et b Claude Muller, in Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne n° 27, pages 2788 et 2789
  7. Site Geneanet : https://gw.geneanet.org/guydup?lang=fr&v=CUROT&m=N [archive], consulté le 04/08/2019

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