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Château d'Angleterre (Bischheim)

rue du Château d'Angleterre

Image principale
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Date de construction 1749 à 1751
Structure Château

Date de construction 2013
Architecte Richard Normand

Inscription à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques 21/4/1995
Inscription à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques 21/4/1995
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Château d'Angleterre

Date 1749 à 1751

Historique du domaine

Situé à l’extrémité nord-est de la commune de Bischheim, le jardin du château d’Angleterre est entouré sur trois côtés par une boucle de l’Ill. Il doit son nom aux exilés anglais que le propriétaire du domaine, Robert Koenigsmann, accueillait au début du XVIIe siècle dans son domaine du Fach-Woerth. D’après certaines sources, Koenigsmann aurait été le premier à planter la pomme de terre dans son jardin en 1620 et à y faire pousser des plants de tabac ramenés d’Angleterre. Le domaine changea ensuite à plusieurs reprises de propriétaires : en 1663, il est acquis par le diplomate suédois Georg Hansson Snoilsky, puis par le fondateur de l’industrie métallurgique du Jägerthal, Jean de Dietrich, en 1687. À la mort de ce dernier, la demeure est une résidence d’été vétuste avec un jardin d’agrément et des prairies. Son petit-fils, Jean de Dietrich, acquiert le domaine en 1747.

Le roi du fer, Jean de Dietrich [archive] (1719-1795), fut banquier, fournisseur des armées royales, maître de forges, propriétaire de hauts fourneaux, seigneur de Oberbronn, Niederbronn et Reichshoffen, baron français et du Saint-Empire ou encore comte du Ban-de-la-Roche. Il est, à la veille de la Révolution, l’un des plus grands propriétaires fonciers de l’Alsace. Grand bâtisseur, on lui doit le château de Reichshoffen et l’actuel château d’Angleterre, édifié entre 1749 et 1751. L’emblème de la famille de Dietrich, un soleil rayonnant, est toujours visible sur le balcon-belvédère donnant sur le jardin.

L'architecte de l'édifice actuel serait Michel Guth1

À partir de 1771, le nouveau propriétaire du château, le directeur de la Monnaie Jean-Louis Beyerlé, fait tracer devant le château un parterre à la française composé de deux plates-bandes rectangulaires et de quatre plus petites en forme de croix de Saint-André. Ce jardin régulier est complété par un potager sur sa gauche et un verger sur sa droite.

Le domaine changea de main plusieurs fois jusqu’en 1907, date à laquelle la Ville de Strasbourg, propriétaire du vaste domaine, l’offre à l’orphelinat protestant du Neuhof pour y créer une maison de correction pour garçons. Les travaux de jardinage permettaient aux pensionnaires d’apprendre un métier et de mieux s’insérer dans la société. Ce centre de rééducation ferme en 1930. Le château est occupé par les troupes allemandes pendant la 2e Guerre Mondiale, les bâtiments sont fortement endommagés. Loué à des particuliers, le parc est à l’état de friche, lorsqu’en 1947 l’association régionale pour la Sauvegarde de l’enfance installe dans le château un centre d’observation pour garçons. À partir de 1956, les jardins sont défrichés et réaménagés par la section horticole du centre dans le style régulier adopté au XVIIIe siècle. Les immeubles et une partie du domaine appartiennent, depuis 1968, à l’Association Régionale d’Action Sociale et d’Animation (ARSEA) [archive]. Le jardin a été inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1995.2

Voir également l'historique sur le site de l'Arsea [archive]

Architecture du château

Le château est agencé entre cour et jardin, avec une forme en U.

Façade principale, côté cour

La façade principale, donnant sur la cour, est orientée ouest, elle accueille le visiteur au bout d'une longue allée bordée d'arbres. La cour permettait la dépose des visiteurs et la circulation. Cette façade comporte neuf travées, dont un avant-corps central curviligne, comportant trois travées avec la porte principale au centre accessible par un escalier à double rampe.

L'avant-corps central est surmonté d'un fronton dont la corniche est coupée, permettant à la décoration du tympan de déborder jusqu'à la fenêtre du premier étage. Dans ce tympan, on trouve un cartouche typiquement baroque encadré de cornes d'abondance. La toiture surmontant l'avant-corps est en ardoise, avec une forme curviligne. La clé de cintre surmontant l'entrée principale est décorée d'un mascaron.

Façade côté jardin

La façade côté jardin est perpendiculaire à la façade côté cour. Elle comporte dix travées de fenêtres soit une de plus que la façade principale.

Cet agencement, avec une façade cour perpendiculaire à la façade jardin, est original.

Cette façade, comme celle donnant sur la cour, est d'une grande symétrie, avec deux corps de bâtiment comportant quatre travées et un avant-corps central, légèrement en saillie et comportant deux travées. L'avant-corps central est surmonté d'un fronton avec tympan décoré de putti entrelacés dans un décor de paniers, guirlandes et fleurs. A confirmer mais ce bas-relief (allégorie de l'amour ?) semble de style rocaille.

La toiture surmontant l'avant-corps est en ardoise, elle est de forme curviligne mais très différente de celle côté cour. La toiture est surmontée d'un belvédère dont la partie centrale de la ferronnerie est décorée d'un soleil, l'emblème des De Dietrich, le commanditaire.

De chaque côté de l'avant-corps, on trouve des termes dont la tête est surmontée d'un vase décoré de fleurs. Les termes, avec visage de femme, possèdent de long cheveux avec deux nattes formant une boucle.

Les clés de cintre des deux fenêtres du rez-de-chaussée de l'avant corps comportent des mascarons dans un écrin baroque. Ces figures évoquent-elles la famille du commanditaire ?

De chaque côté de la façade donnant sur le jardin, on trouve des portes fenêtres avec escaliers et garde corps métalliques. Ces escaliers donnent sur une terrasse surmontant le jardin. On accède au jardin par un grand escalier central formant une belle unité.

Généralités sur les façades

L'étage noble est le rez-de-chaussée avec une belle hauteur sous plafond. Les fenêtres sont décorées de petit bois à la française avec un linteau curviligne. Celles du rez-de-chaussée sont en anse de panier.

Les fenêtres possèdent de beaux gardes corps métalliques.

La pierre de taille, en grès des Vosges est utilisée pour les encadrements de fenêtres, les sous bassements, sculptures, ainsi que les chaînages d'angle à refends.

Les toitures avec forte pente sont recouverts de tuiles en queue de castor, également dénommées bieberschwanz.

Côté cour, on trouve des matériaux comme le grès des Vosges ou les tuiles en queue de castor de tradition régionaliste.

En toiture on trouve également, aux angles des pots à feu [archive].

L'ensemble est de style Louis XV, d'une grande symétrie et sobrement baroque, avec comme nous l'avons vu une utilisation d'éléments locaux notamment en toiture.

Dépendances

A proximité du château, on trouve plusieurs annexes dont l'une du côté de la façade principale, le long de la cour. Cette annexe est une ancienne orangerie. Elle ferme la cour avec d'un coté l'entrée avec l'allée bordée d'arbres, de l'autre la façade principale et enfin le jardin. Cette dépendance n'écrase pas le château car elle n'est constituée que d'un seul niveau (hors étage mansardé). Une autre annexe se situe derrière le château, côté est, elle comporte deux niveaux dont l'un a été surélevé.3

Ces dépendances comportent des toitures à la mansart avec tuile de tradition locale en queue de castor.

Inscription du jardin4

Date 21/4/1995

A l'intérieur d'une enclave formée par une boucle de l'Ill, le jardin s'axe aujourd'hui autour d'une allée centrale rectiligne nord-sud, bordée de buis taillés en cônes et de deux allées transversales vers chaque extrémité. Aux extrémités de cette structure, base de l'ancien jardin régulier, se trouvent deux carrefours simplement matérialisés par de petites plates-bandes de gazon. Sur les côtés de l'axe principal, deux prairies couvrent l'essentiel du jardin. Une allée rectiligne de platane longe l'étang ; un verger termine le jardin au sud. Dans le mur sud s'ouvrait un portail aujourd'hui condamné. Une allée de tilleuls conduit à l'entrée du château. On trouve encore dans le domaine quelques statues ; deux sphinges qui gardent l'entrée du château côté jardin et quelques vases. Le jardin ne bénéficie plus aujourd'hui d'un accès à l'Ill. Le domaine s'interrompt avant mais on peut encore lire quelques anciens aménagements au delà de ses limites actuelles. Ainsi, quelques très vieux platanes en alignement au bord de l'étang, évoquent une ancienne allée plantée.5

Inscription du château6

Date 21/4/1995

Château : façades et toitures, terrasses et clôtures, à l'intérieur : escalier d'honneur et enfilade de cinq pièces lambrissées du rez-de-chaussée ; dépendances du 18e siècle : façades et toitures ; jardin (cad. 25 4) : inscription par arrêté du 21 avril 1995

Une précédente inscription datant du 24/06/1929 a été annulée suite à cette nouvelle inscription.Le texte dit: Château de la Cour d' Angleterre donc un texte très vague.7

Nouveau bâtiment8

Date 2013
Architecte Richard Normand

Le nouveau bâtiment accueille les ateliers de l'ARSEA [archive]. Il a été conçu par Richard Normand dans un style moderne sans ambiguïté avec les bâtiments du XVIIIème. Le bâtiment est conçu de la façon suivante : un corps central proéminent, en bois naturel, ainsi que deux ailes, en béton brut de taille beaucoup plus réduite, sur un niveau avec toit terrasse. Le corps central est surmonté d'une toiture en zinc sans ouverture.

Le nouveau bâtiment se situe au nord-est du château datant du XVIIIème, il ne gêne donc pas de part sa situation, et ses matériaux, la lisibilité des bâtiments historiques.

Les anciens ateliers, actuellement dans le jardin, au bord de l'étang, ont vocation à être démolis (visite guidée du 29/06/2013)

A lire aussi un article sur ce nouveau bâtiment dans les DNA du 25/09/2013 [archive], ou l'on apprend qu'il aura fallut douze années de procédure pour que le bâtiment sorte de terre.

Références